Jeanson (Geneviève)

Un article de la Mémoire du Québec (2021).

  • Athlète (cyclisme) née en 1982 à Lachine.

Membre de l'Équipe Rona/Esker.
Médaille d'or (contre-la-montre, catégorie junior) à Trévise (Italie), et médaille d'or (épreuve sur route, catégorie junior) à Vérone (Italie), aux épreuves de Championnats du monde féminin en cyclisme sur route (1999) ; cette médaille en fait la première personne canadienne à gagner une médaille d'or en cyclisme international.
Deuxième à la Classique cycliste de Fitchburg, Massachusetts, États-Unis (1999).
Médaille d'or (catégorie sénior) du Snowy Tour, Australia (2000).
Médaille d'or (catégorie sénior) épreuve de la Coupe du monde de La Flèche Wallonne, Belgique (2000).
Onzième aux Jeux olympiques de Sydney, Australia (2000).
Troisième au Championnat canadien de cyclisme féminin sur route (2001).
Première au Tour de Gila de Silver City, États-Unis (2001, 2002, 2003).
Troisième (2002) et première (2001, 2003, 2004 et 2005) à l'épreuve de la Coupe du monde de cyclisme féminin présentée sur le mont Royal à Montréal, Québec, Canada.
Première (2001, 2002, 2003) à la montée cycliste sur une pente constante de 12,3 km sur le mont Washington, New Hampshire, États-Unis.
Première à la Classique Redlands (2003).
Première à la Classique Sea Otter de Laguna Seca, Californie, États-Unis (2003).
Le 10 octobre 2003, alors qu'elle participe aux Championnats du monde à Hamilton, Ontario, Canada, l'équipe de dépistage d'EPO (erythropoïetine, une hormone normalement produite par les reins quand la réserve d'oxygène dans le sang est basse) exécute une visite surprise à l'équipe canadienne et découvre que l'hématocrite (proportion de globules rouges et globules blancs dans le sang) de Jeanson dépasse la normale ; pour protéger sa santé, il lui est interdit de courir pendant 15 jours ; elle explique que cette disproportion est peut-être due au fait qu'elle dort sous une tente hypoxique d'oxygène ; afin d'établir si des substances interdites ont été utilisées par Jeanson, des échantillons d'urine sont prélevés pour analyse dans un laboratoire de Lausanne, Suisse ; elle ne peut donc pas participer au reste des épreuves de championnats ; les tests d'urine ne révèlent aucune trace de drogue et l'athlète est blanchie.
Reconnue par le magazine américain Velo News comme la cycliste de l'année 2003.
Au début de novembre 2003, l'orthopédiste Maurice Duquette admet sa culpabilité à 14 accusations portées contre lui en mars 2002 par le syndic du Collège des médecins pour avoir prescrit de l'EPO sans raison apparente à des personnes dont l'entraîneur d'une athlète «de haut niveau» ; Geneviève Jeanson déclare que c'est d'elle qu'il s'agit, mais qu'elle n'a jamais pris quelque drogue que ce soit.
En février 2004, la Fédération cycliste du Québec refuse de lui remettre le permis nécessaire à sa participation à des courses au Québec, mais l'Association cycliste des États-Unis lui accorde un permis de courir chez eux.
Deuxième à la Classique cycliste de Redlands, Californie, États-Unis (2004).
En avril 2004, au départ du tour de la Flèche wallonne, un test antidopage la déclare positive, mais un second test la déclare négative et elle est autorisée à participer à la course ; à l'issue de la course, elle est désignée pour passer un test antidopage, mais elle omet de se présenter en invoquant qu'elle n'imaginait pas avoir à subir deux contrôles pour la même course ; sa défense est acceptée, mais elle est l'objet d'une réprimande et condamnée à une amende.
Première (120 km) aux Championnats canadiens de Kamloops, British Columbia (2005).
Le 25 juillet 2005, elle remporte le Toona Tour d'Altoona, Pennsylvanie, États-Unis, mais le 19 janvier 2006, elle annonce sa retraite après avoir révélé qu'elle a été suspendue à vie par la USADA (agence antidopage des États-Unis) pour avoir été reconnue coupable de dopage à l'EPO (érythropoïétine) lors de cette dernière course ; elle conteste ce verdict et cette condamnation devant l'American Arbitration Association ; le 28 novembre 2006, elle s'entend hors cours avec la USADA pour accepter une suspension de 2 ans se terminant le 25 juillet 2007 sans pourtant admettre sa culpabilité du délit qui lui est reproché.
Le 20 septembre 2007, au cours de l'émission Enquête de la télévision de CBC/Radio-Canada, Jeanson admet avoir utilisé de l'EPO au cours de toute sa carrière, c'est-à-dire de 16 ans à 23 ans.
En novembre 2007, la Cour suprême du Canada refuse d'entendre l'appel du docteur Maurice Duquette qui après avoir admis sa culpabilité devant le Collège des médecins en novembre 2003, avait décidé en mars 2004 de changer son plaidoyer juste avant de connaître sa sentence ; le Comité de discipline du collège avait accepté de changer son plaidoyer, mais le directeur des enquêtes en avait appelé de cette décision devant le Tribunal des professions qui lui avait donné raison, comme la Cour d'appel du Québec par la suite.
En février 2009, le docteur Duquette est accusé de ne pas avoir respecté un engagement qu'il avait lui-même pris en 2006 de cesser de prendre en charge des cas de révision de prothèses du genou ou de la hanche à l'Hôpital Fleury où il est chirurgien orthopédique ; le 9 décembre 2009, le Comité de discipline du Collège des médecin radie le docteur Duquette pour un an, le condamne à une amende de 24 000 $ ; de plus, il ne pourra plus posséder, prescrire ou administrer des substances visant à augmenter la performance d'un athlète et il ne pourra plus prendre en charge ou assurer le suivi médical d'un athlète ou de toute personne proche du monde du sport amateur ou compétitif.
Le 29 mars 2011, le conseil disciplinaire du Collège des médecins déclare le docteur Maurice Duquette coupable d'avoir contrevenu à l'engagement pris en 2006 de ne pas prendre en charge des cas de révision de prothèse du genou ou de la hanche ; il a également profité de sa relation privilégiée avec une patiente pour la convaincre d'investir dans un complexe hôtelier.

En 2013, Le Temps des roses, un film inspiré de la vie de Geneviève Jeanson est réalisé par Alexis Durand-Brault ; selon le réalisateur, il ne s'agirait pas de l'histoire de Geneviève Jeanson, mais il tenterait d'expliquer pour relativiser le parcours des athlètes.

  • Bibliographie -


L'Affaire Jeanson : l'engrenage (récit, Alain Gravel, 2008).

  • Filmographie -


Le temps des roses (documentaire inspiré de la vie de Geneviève Jeanson , produit par Richard Lalonde, scénarisé par Sophie Lorain et réalisé par Alexis Durand-Brault, l'actrice Laurence Leboeuf y joue le rôle principal, 2013)
La petite reine (long-métrage inspiré de la vie de Geneviève Jeanson, réalisation par Alexis Durand-Brault ; scénarisation par Sophie Lorain et Catherine Léger ; avec les acteurs Laurence Leboeuf et Patrice Robitaille, 2014)

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