Montréal (municipalité de ville). Scandale. Commission Cannon. (1909)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Commission d'enquête sur la corruption dans l'administration de Montréal.

Enquête Cannon (1909-1910) .
Le 7 avril 1909, un an après la fin du mandat de Henry Acher Ekers comme maire de Montréal, le Gouvernement du Québec de Lomer Gouin institue une commission royale d'enquête dont il confie la présidence au juge Lawrence John Cannon pour enquêter sur l'administration et les affaires de la ville de Montréal.
Le 13 décembre 1909, le juge Cannon dépose son rapport d'enquête sur la corruption dans différents services municipaux de Montréal. Son rapport expose entre autres :
l'abandon sans raison valable des poursuites contre les tenanciers de bordels et la vente illégale de boissons alcooliques, le favoritisme et le patronage de la part du conseiller W.J. Proulx, responsable de la commission de police, dans l'octroi des contrats de construction des postes de police 13 et 18.
Ce rapport de la commission Cannon conclut qu'il existe un système de tolérance généralisé à l'égard des maisons de prostitution, des maisons de jeux et de la vente d'alcool le dimanche et que les promotions se font moyennant rémunération et que le chef de police est parfois «un instrument par trop servile, entre les mains de certains échevins».
Le juge Cannon conclut que l'administration des affaires de la Cité de Montréal par son conseil depuis 1902 a été saturée de corruption provenant surtout du patronage et que la diminution du nombre d'échevins et la création d'un bureau de contrôle amélioreront l'administration municipale ; le Service de police et le Service des pompiers sont particulièrement visés par le rapport qui condamne 8 échevins à payer une partie des frais de l'enquête.
Il semble que personne ne se soit conformé aux conclusions du rapport. Les échevins visés par le rapport ont tous été défaits ou n'ont pas présenté leur candidature aux élections municipales de 1910 et les candidats appuyés par le comité de citoyens (Hormisdas Laporte, Victor Morin, Raoul Dandurand) qui avaient obtenu l'enquête Cannon ont été élus ;
Un bureau de contrôle créé dans la foulée du rapport Cannon dépouillait le maire et les échevins de leur pouvoir et faisait du maire et des échevins des administrateurs honoraires sans réel pouvoir de décision.

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