Gentilly-2 (centrale thermonucléaire)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Centrale nucléaire de type CANDU construite entre 1973 et 1983.

Puissance installée : 685 MW (1 groupe électrogène).
Utilise la chaleur que libère la fission d'atomes d'uranium 235 pour transformer l'eau en vapeur qui actionne une turbine qui entraîne un alternateur pour produire l'électricité ; l'eau lourde est employée comme modérateur et caloporteur.
Le numéro indique qu'elle est la deuxième de ce nom en remontant la rivière.
Gentilly-1 a cessé de produire de l'électricité vers 1978. Son démantèlement ne pourra pas être effectué avant qu'Hydro-Québec ait trouvé un ou des sites d'entreposage sécurisé des déchets radioactifs.
1973
Début de la construction de la centrale nucléaire Gentilly-2.
1983 Mise en service de Gentilly-2.
Le 7 mars 2003, le physicien nucléaire Michel Duguay, dans une étude commandée par le mouvement Sortons Québec du nucléaire affirme qu'un tremblement de terre de magnitude 5 à 7 sur l'échelle Richter pourrait mener à une catastrophe nucléaire à la centrale Gentilly 2 s'il devait survenir à proximité de la centrale et que son épicentre se situait près de la surface de la terre, la centrale subirait des bris importants ; le coeur du réacteur pourrait alors fondre du moins en partie. Un séisme caractérisé par une accélération maximum du sol pourrait causer des bris de tuyaux et entraîner une perte importante de caloporteur (L'eau légère ou l'eau lourde).
Pendant la campagne électorale de 2012, le Parti québécois annonce qu'il démantèlera la centrale Gentilly 2 s'il est élu pour diriger la province.
En 2008
Un plan de remise à niveau de Gentilly 2 est soumis au Gouvernement ; Hydro-Québec prévoit qu'il en coûterait 1,9 G $ pour cette opération. Le gouvernement libéral annonce qu'il autorisera Hydro-Québec à rénover Gentilly 2.
En 2010, un rapport d'inspection de la Canadian Nuclear Safety Commission indique que la structure de béton qui enferme le réacteur de 675 mégawatts Candu 6 (Gentilly-2) subit une désagrégation due à la réaction alkali-silica (Alkali-silica Reaction ASR) ; malgré cela, la licence d'opération de la centrale est prolongée jusqu'en 2016.
Pour sauver quelques centaines d'emploi dans la région, le gouvernement libéral de Jean Charest décide de remettre la centrale à niveau.
Le 29 juin 2011, Hydro-Québec reçoit l'autorisation de procéder aux rénovations du réacteurs de Gentilly 2. Hydro-Québec avait choisi de rénover son réacteur au coût de 2 G $ au lieu de le démanteler au coût de 1,6 G $ comme le réclamaient des groupes écologistes et anti-nucléaires.
En mars 2011, un tremblement de terre (magnitude 9,0 sur l'échelle Richter) secoue le Japon et cause la mort de 18 000 et en affecte plusieurs autres.
Le 30 janvier 2012, Gaétan Bouchard, un lecteur du Devoir, souligne que la centrale est construite dans une zone de forte activité sismique et rappelle le tremblement de terre de 1663. Voir Québec (province), Catastrophes.
Le 15 août 2012 Les écologistes du Québec s'opposent à la rénovation de la centrale Gentilly-2 et proposent d'utiliser l'argent ainsi épargné pour le développement d'énergies renouvelables et l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments afin de réduire progressivement sa dépendance au pétrole et en tirer le maximum de profits sur le plan économique.
Le 30 août 2012, les Japonais ont un problème majeur sur les bras depuis la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima. Le Japon doit cesser d'exploiter les 50 réacteurs nucléaires sur son territoire qui produisent un tiers de son électricité. Il est dans un état de lourde dépendance de ces sources d'électricité. À la suite de l'incident de Fukushima, les autorités japonaises ont décidé de fermer et de se débarrasser des centrales nucléaires. Le coût de mise au rancart de ces centrales et leur nécessaire remplacement par d'autres formes de production d'électricité s'avère excessif ; les pertes des producteurs d'électricité s'élèvent à 4,4 billions de Yens ou 55,9 milliards $ ; trois producteurs sont en faillite. Le gouvernement japonais peut choisir l'une des solutions suivantes :
1. obliger les compagnies à abandonner les réacteurs avant 2030. Les Japonais estiment que ce délai est beaucoup trop long d'autant plus que la possibilité de failles actives sous les réacteurs suscite des doutes sur l'opportunité de recommencer à les utiliser.
2. réduire la production nucléaire à 20 ou 25 % d'ici à 2030. La population préfère l'élimination complète du nucléaire avant 2030.
Le 4 septembre 2012, Élections générales au Québec ; le Parti québécois dirigé par Pauline Marois remporte le plus grand nombre de sièges et sera appelé à former le prochain gouvernement du Québec.
Le 11 septembre 2012, Une coalition d'écologistes et d'artistes exige du gouvernement de Madame Marois qu'il confirme sans attendre, la décision de démanteler la seule centrale nucléaire au Québec. Un porte-parole du Parti québécois confirme que la centrale Gentilly 2 sera déclassée et démantelée
Le 12 septembre 2012, Le premier ministre du Japon, Yoshihiko Noda, laisse entendre que son gouvernement abandonnera graduellement l'énergie nucléaire d'ici à 2030.
Le documentaire Gentilly or Not to Be réalisé par Guylaine Maroist et Éric Ruel, cite une étude commandée par le Gouvernement allemand qui a trouvé un taux de cancer plus élevé que la normale chez les enfants qui vivent près d'un réacteur nucléaire, mais le docteur Gilles W. Grenier, directeur de la santé publique de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec affirme qu'il n'y a pas de risque pour les gens qui vivent près de Gentilly-2 ; il ajoute qu'il est irresponsable de dire que «vivre près d'un réacteur nucléaire comme Gentilly-2 est dangereux et il maintient que «Nous n'avons pas de preuve scientifique pour soutenir cette assertion». Cependant le département de santé publique a rapporté qu'au cours de la période 2000-2004, une augmentation de 27 % des cas de leucémie chez les enfants vivant dans un rayon de 20 km de Gentilly-2 ; en appliquant la moyenne de cancers observée dans la province, seulement 29 cas de leucémie infantile aurait dû être rapporté dans la région pour cette période alors qu'il y en a eu 40 ; 3 enfants sans relations entre eux mais vivant à l'intérieur d'un rayon de 10 km de Gentilly-2 sont nés sans orifice anal et, dans une seule rue de Bécancour, 11 femmes enceintes ont fait des fausses couches au cours de la même période. Le Docteur Notebeart, professeur de médecine à l'Université de Montréal affirme que les jeunes familles ne devraient pas demeurer près de Gentilly-2. (The Gazette, 12 septembre 2012, page A7).
Le 14 septembre 2012, La Presse révèle que le coût final de la réfection de la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau au Nouveau-Brunswick a été de 2,4 milliards $ soit un milliard de plus que prévu ; il s'agit de la première réfection d'une usine Candu dans le monde ; Gentilly 2 est une usine de type Candu comme celle de Pointe-Lepreau ; Hydro-Québec estime maintenant à 2,4 milliards $ le coût de la réfection de Gentilly 2.
Selon l'économiste Jean-Thomas Bernard, le coût de revient de l'électricité produite à Gentilly-2 atteindra 12 cents le kw/heure après la réfection, le double du prix obtenu à l'exportation vers les États-Unis.
Le 16 septembre 2012, les promoteurs de Gentilly 2 contre-attaquent en disant que l'étude du professeur Notebeart a été publiée en 2008 et n'apporte aucune preuve que les enfants atteints de leucémie sont exposés à un excès significatif de radioactivité et ne concluent pas que le nombre élevé de cancers est directement attribuable aux centrales nucléaires et ils croient que d'autres facteurs peuvent en être la cause. L'épidémiologiste français Dominique Laurier de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale a réalisé une étude sur le taux de leucémie près des centrales nucléaires françaises ; il y a trouvé une augmentation des cas de leucémie, mais il précise que lorsqu'il a tenu compte de l'exposition réelle, et non la simple distance avec les cheminées de la centrale, l'effet a disparu. (La Presse, 17 septembre 2012, page A6).
(16 septembre 2012) Télé-Québec diffuse le film Gentilly or not to be.
(17 septembre 2012) La commission canadienne de sécurité nucléaire-CCSN accuse les auteurs du film Gentilly or not to be de semer «des inquiétudes infondées». Elle afffirme que «rien ne prouve que l'exposition à la radiation des installations nucléaires accroît le risque de malformations congénitales et de mortinaissance» ; elle estime qu'il est «faux d'affirmer qu'il n'existe pas de niveau d'exposition aux rayonnements qui soit sécuritaire. En bas de 100 millisieverts (mSv) par année, il n'y a pas d'impact négatifs observables sur la santé» ; chaque année, les citoyens de Trois-Rivières et de Bécancour sont exposés à un rayonnement naturel 900 fois plus élevé que le rayonnement artificiel émis par Gentilly-2».
(20 septembre 2012)
Après son assermentation au poste de ministre des Richesses naturelles, Martine Ouellet déclare qu'il est encore trop risqué pour permettre un jour l'exploitation des gaz de schistes au Québec et propose au gouvernement Marois d'imposer un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste ; Pauline Marois, la première ministre explique que madame Ouellet craint qu'il y ait des risques qui soient difficilement acceptables et qu'il fallait qu'il y ait une étude du Bureau d'audience publique sur l'environnement-BAPE pour avoir un portrait indépendant sur les impacts environnementaux de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste. Madame Ouellet affirme qu'elle opterait pour un moratoire permanent quand elle dit : «Je ne vois pas le jour où des technologies permettront une exploitation sécuritaire» a-t-elle dit. (La Presse, 21 septembre 2012, page A3). Les notables de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec manifestent leur mécontentement face à la décision de déclasser la centrale Gentilly-2.
(21 septembre 2012) Le Syndicat canadien de la Fonction publique qui représente les travailleurs de Gentilly-2 critique vertement cette décision gouvernementale qui affectera des milliers de gens de la région. le syndicat s'est dit surpris que seulement un jour après la formation du cabinet, Pauline Marois soit déjà en mesure de prendre une décision si lourde de conséquences pour la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec d'autant plus que pendant la campagne électorale, Madame Marois avait promis de consulter le syndicat et les agents économiques régionaux avant de rendre exécutoire la décision qui faisait partie de son programme électoral.
(24 septembre 2012) Le gouvernement de Madame Pauline Marois refuse de débattre du déclassement de la centrale à l'Assemblée nationale. Les partis d'opposition, PLQ et CAQ, auraient voulu que le Gouvernement attende le rapport de la Commission canadienne de sûreté nucléaire qui réévaluera les risques pour Gentilly-2 à la suite de la catastrophe de Fukishima au Japon. et le rapport d'Hydro-Québec sur les coûts de la réfection et du déclassement de Gentilly-2 à la suite de l'expérience de Pointe-Lepreau (Nouveau-Brunswick).
(29 septembre 2012) Le Devoir révèle que dans un rapport daté du 26 septembre 2012, Hydro-Québec recommande au gouvernement de fermer définitivement Gentilly-2 ; Hydro-Québec évalue à 4,3 milliards $ le coût de réfection de la centrale, soit 2,4 milliards $ de plus que l'évaluation faite en 2008. À ce prix, la production d'électricité coûterait 9,7 cents le kilowatt/heure. Selon Le Devoir, le maintien des 800 emplois à Bécancour coûterait 268 750 $ par année à Hydro-Québec.
(2 octobre 2012) Les résidents de la région de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec protestent contre la fermeture de la centrale Gentilly -2 ; ils prétendent que le gouvernement devrait les avoir entendu avant de prendre la décision de déclasser la centrale qui emploie 736 employés ; pour eux, c'est aussi imposant que, toute proportion gardée, si soudainement, 60 000 emplois étaient perdus à Montréal. Les intérêts économiques des travailleurs de Gentilly-2 devraient-ils avoir préséance sur la santé des populations au cas de catastrophe nucléaire ? c'est, en partie, le noeud du problème auquel Hydro-Québec est confrontée.
(3 octobre 2012) Le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal confirme la décision de la compagnie de fermer définitivement la centrale Gentilly-2 le 28 décembre 2012 et d'en entreprendre le démantèlement ; ce démantèlement, qui coûtera 1,8 milliard $, prendra environ 50 ans à être réalisé.
(5 octobre 2012) À la suite de la décision d'Hydro-Québec de déclasser la centrale Gentilly-2, la filiale Candu Energy de SNC-Lavalin offre de la louer, de la refaire, de la maintenir et de l'exploiter jusqu'à son déclassement dans à peu près 25 ans.
(12 octobre 2012) Tokyo Electric Power déclare qu'elle savait que des mesures de sécurité additionnelles devaient être mises en oeuvre pour éviter une catastrophe due à un tsunami.
(23 octobre 2012) La Presse révèle qu'Hydro-Québec a dépensé 965 millions $ pour l'achat d'équipement pour rénover la centrale Gentilly-2 ; Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement du Parti québécois qui a décidé de mettre fin à ce projet, blâme le gouvernement précédent pour cette perte considérable ; le gouvernement libéral voulait que cette centrale soit rénovée pour être exploitée pendant les 30 prochaines années alors que le gouvernement du Parti québécois élu le 4 septembre 2012 souhaite se débarrasser du nucléaire.
Le 20 novembre 2012, le Gouvernement Marois se rend compte que la fermeture de Gentilly-2 lui cause un manque à gagner de 1,3 milliard $ et qu'il devra proposer un amendement à la loi sur l'équilibre budgétaire qui l'oblige à réaliser un budget équilibré à compter de l'année financière 2013-2014 et d'exclure la perte comptable de la fermeture de Gentilly-2.
Le 30 janvier 2013, Michel Arsenault, président de la FTQ, déplore l'incohérence du gouvernement Marois qui ferme la centrale Gentilly-2 tout en investissant dans la filière éolienne et dans un barrage à Val-Jalbert alors que le Québec nage dans les surplus d'énergie.
Le 12 mars 2013, le quotidien Le Devoir révèle que dès le mois le 14 mai 2012, Hydro-Québec avait signifié à Énergie atomique du Canada Limited sa décision de mettre fin au contrat de réfection de la centrale Gentilly-2. Hydro-Québec avait alors encaissé le dépôt de 75 millions $ d'EACL garantissant l'exécution des travaux ; Hydro-Québec invoque que EACL est en défaut puisqu'elle n'avait pas respecté ses engagements à la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau au Nouveau-Brunswick.
Le 28 mars 2013, La commission parlementaire qui a étudié le cas de Gentillly-2 recommande au gouvernement de procéder à une étude de faisabilité pour procéder au démantèlement immédiat de la centrale ; selon la Commission, «un déclassement immédiat permettrait de conserver des centaines d'emplois bien rémunérés pendant de nombreuses années dans les régions du Centre-du-Québec et de la Mauricie» et «éviterait de léguer nos problèmes aux générations futures».
Le 22 décembre 2014, La Presse rapporte le retrait du combustible nucléaire de la piscine du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima au Japon ; le travail de démantèlement continuera.
2017
Le 30 mai 2017, Le Journal de Montréal (Page 27) révèle que la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island en Pennsylvania sera fermée en septembre 2019 faute de rentabilité.
2018
Le 6 Septembre 2018, The Gazette (6 septembre 2018, page A8) rapporte un premier décès par cancer des poumons dû à l'exposition aux radiations lors du tremblement de terre survenu en Mars 2011 et qui avait détruit la centrale nucléaire de Fukushima. Le ministère japonais avait préalablement décrété que l'exposition aux radiations avait causé des maladies à quatre travailleurs de Fukoshima

Voir -

Gentilly Or Not to Be (documentaire de Guylaine Maroist et Éric Ruel, 2012)

  • Repères géographiques -


Sur la rive droite du Saint-Laurent.
À environ 15 km de Trois-Rivières.
Région touristique de la Mauricie.
Carte 7.
Carte 7 sur Google Maps

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