Commission de vérité et réconciliation - CVR

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Éphémérides -


XVIIe siècle
Ouverture au Québec d'un premier pensionnat exploité par des missionnaires chrétiens.
(Au cours des années 1870) La disparition quasi complète des troupeaux de bisons engendre la famine qui menace la loi et l'ordre.
Le gouvernement doit intervenir massivement pour nourrir les Indiens ainsi que pour leur apprendre au plus vite les rudiments de l'agriculture ; il met sur pied un nouveau programme éducatif qui accèlérera plus que prévu le rythme des changements économiques et culturels. L'économie, jusque là basée sur la chasse passe à l'économie moderne
1879
Le rapport Davin recommande la création de pensionnats dirigés par le gouvernement fédéral.
1892
Le gouvernement du Canada propose alors d'ouvrir dans les Prairies 4 écoles résidentielles industrielles ; il n'accorde aucune valeur à l'école de jour parce que «l'influence des wigwams demeurait plus forte que l'influence de l'école». Les garçons refusaient d'être disciplinés et même de se faire couper les cheveux. Ce qui ne furent pas renvoyés furent maintenus en classe par la GRC. Le plan élaboré visait l'aculturation rapide par les méthodes des écoles industrielles ; ce plan fut abandonné et on visa l'assimilationLe gouvernement fédéral et les Églises (catholique, anglicane, presbytérienne et unie) s'associent pour exploiter les pensionnats.
1907
Le médecin inspecteur en chef du ministère des Affaires indiennes rapporte de nombreuses lacunes dans les pensionnats
1920
Le sous-ministre des Affaires indiennes, Duncan Campbell Scottt, rend obligatoire la fréquentation des pensionnats indiens ; l'idée en est d'assimiler les autochtones et de sortir l'indien de la tête des enfants.
Il est défendu aux pensionnaires de converser dans leur langues maternelles ; on dénigre leurs croyances traditionnelles qui sont qualifiées de péché ; on dit que souvent, les enfants étaient l'objet de sévices physiques et sexuels.
Les Églises considéraient les salles de classe comme des lieux d'évangélisation plutôt que comme des lieux d'éducation. Les cours se donnaient en anglais en Alberta et en Saskatchewan ; ce qui expliquerait les piètres résultats des élèves dont la langue maternelle était autre. Les enseignants n'était pas souvent compétents ; ce qui fit dire à W. E. Ditchburn, commissaire aux Indiens de Colombie-Britannique « L'expérience démontre que là où des enseignants compétents sont engagés, les élèves font des progrès notoires. Au contraire, là où on emploie des enseignants médiocres, les progrès éducatifs le sont aussi...»
(Au cours des années 1920) Deux écoles rivales l'une anglicane et l'autre catholique ouvrent de premiers pensionnats à Fort George (Chisasibi) à la baie James
1929 Ouverture de la Shubenacadie Residential School en Nouvelle-Écosse.
1931
80 pensionnats indiens sont exploités au Canada.
1932
Il y a 8 775 élèves dans les écoles de jour et 8213 dans les écoles résidentielles.
1958
Des inspecteurs du ministère des Affaires indiennes recommandent l'abolition des pensionnats indiens.
1970-
Début du transfert des pensionnats aux bandes indiennes.
1986
L'Église unie s'excuse pour son rôle dans les pensionnats indiens.
1991
Phil Fontaine est le premier dirigeant autochtone à divulguer publiquement les sévices dont il a été victime au pensionnat.
1993
L'Église anglicane s'excuse pour son rôle dans les pensionnats indiens.
1994
L'Église presbytérienne s'excuse pour son rôle dans les pensionnats indiens.
1996
Le dernier pensionnat indien dirigé par le gouvernement ferme ses portes.
La commission royale d'enquête sur les peuples autochtones publie un rapport exhaustif sur les questions autochtones.
1998
La ministre des Affaires indiennes, Jane Stewart, signe une Déclaration de réconciliation» au nom du gouvernement fédéral.
2006
Le gouvernement fédéral, l'Association des Premières Nations et les Églises signent une convention de règlement relative aux pensionnats indiens d'une valeur de 4 milliards $.
2008
Chacun des partis politiques fédéraux présente ses excuses dans des déclarations à la Chambre des communes ; Le premier ministre du Canada, Stephen Harper les présente au nom du gouvenement.
La Commission de vérité et réconciliation est mise sur pied.

2009
(10 juin) Le juge Murray Sinclair accepte sa nomination au poste de président et le chef Wilton Littlechild et Marie Wilson les postes de commissaires à la Commission de vérité et réconciliation. Les pensionnats étaient répartis au Canada de la façon suivante :
Nouvelle-Écosse1
Québec 12
Ontario 18
Manitoba 15
Saskatchewan 20
Alberta 26
colombie-Britannique 18
Yukon 5
Territoires du Nord-Ouest 14
Ninavut 13
Total142





(15 octobre) Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada accepte le rôle de premier témoin honoraire de la Commission de vérité et réconciliation.

2010



(16 au 19 juin) La Commission vérité et réconciliation tient son premier événement national à Winnipeg, Manitoba ; cet événement accueille 40 000 visiteurs.
La commission organise un événement national dans les Territoires du Nord-Ouest (Inuvik)
2011
(28 juin au 1er juillet) La commission tient l'événement national de l'Atlantique à Halifax

2012
(21 au 24 juin) La commission tient l'événement national de la Saskatchewan à Saskatoon.
2013



(24 au 27 avril) La commission tient l'événement national du Québec à Montréal.

Statistiques partielles

Depuis la décision du sous-ministre des Affaires indiennes en 1920, 140 000 enfants ont été retirés de leur famille et mis dans les pensionnats de l'État.
Il est révélé que 4 134 enfants sont décédés dans les pensionnats dont 901 en Alberta, 844 en Saskatchewan, 747 en Colombie-Britannique, 35 au Québec et 16 en Nouvelle-Écosse ; plusieurs d'entre eux sont morts de tuberculose et de la grippe espagnole.
En 2013, il y est révélé que les autochtones forment 23 % de la population carcérale au Canada alors que les autochtones ne comptent que pour 4 % de la population canadienne. Les femmes autochtones représentent 33 % de la population carcérale féminine des prisons fédérales. Le sous-financement des services d'aide au bien-être des enfants fait que les enfants de familles en crise aboutissent souvent à la séparation des enfants de leur communauté comme c'était le cas depuis les écoles résidentielles des années 1920.


Sources -

Recherches amérindiennes au Québec (cité dans le Devoir du 30 avril 2013.

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