Bolduc (Roch)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Homme de loi (avocat) et fonctionnaire né en 1928 à Saint-Raphaël.

Membre de la Commission de la fonction publique du Québec (1965-1969).
Sous-ministre de la Fonction publique (1969-1971).
Secrétaire associé au Conseil du trésor du Québec (1971-1972).
Sous-ministre des Affaires municipales du Québec (1973-1977).
Président de la Commission de la fonction publique du Québec (1979-1982).
Secrétaire général (sous-ministre du Conseil exécutif) du gouvernement du Québec (1986).
Sénateur du Parti progressiste-conservateur de la division du Golfe (1988-2005).

Commentaires -

Extrait d'un éditorial de Claude Ryan, Le Devoir, mercredi 7 novembre 1973

«.. On remarque enfin que des hommes de première qualité sont empêchés pour toutes sortes de raison, de donner leur pleine valeur, soit parce qu'ils ont été les victimes impuissantes de situations qui exigeaient des boucs-émissaires, soit parce qu'on n'a pas su les employer au bon endroit soit parce qu'on les a mis sur une tablette pour des raisons politiques. La mise en route du nouveau gouvernement devrait fournir l'occasion de dénouer maintes situations qui se sont ainsi accumulées. On pense, en particulier, à un homme comme Roch Bolduc, l'ancien sous-ministre de la Fonction publique, qui fut sacrifié lors de la grève du Front commun sur l'autel du compromis et qui rentra dans l'oubli sans jamais se plaindre auprès de la presse ou du PQ, du sort injuste qui lui échopait. Cet homme est l'un des grands commis les plus efficaces et les plus désintéressés que l'État québécois ait jamais eus à son service. Il serait impensable et tragique que le prochain gouvernement ne lui réserve pas une fonction de premier plan.»

Réponse de Jean Cournoyer :

La crise des secteurs publics en 1973 a été le résultat de l'attitude ferme des hauts fonctionnaires qui n'étaient pas confrontés au verdict populaire comme l'étaient les ministres.
Roch Bolduc et Jacques Parizeau avaient décidé ce que devait être la politique salariale et avaient convaincu Robert Bourassa de l'accepter. Confronté à une grève générale, celui-ci décida de changer la trajectoire et confia à Jean Cournoyer le soin de dénouer l'impasse.
Ryan ne souhaitait pas de compromis, une attitude d'éditorialiste assis à son bureau et écrivant lentement son opinion. ; cette attitude a sans doute contribué au prolongement de la Crise d'Oka en 1990 alors que Ryan était cette fois, ministre de la Sécurité publique responsable de la Sûreté sdu Québec-SQ. Quand Cournoyer se rendit chez son sous-ministre le lendemain de son assermentation comme ministre de la fonction publique, Bolduc, profondément touché dans sa position de haut fonctionnaire qui croit que les ministre ne doivent être que leurs porte-paroles temporaires, se plaignit en pleurant d'avoir été abandonné par le premier ministre et de ne pas avoir été consulté par celui-ci quant à ma nomination. Je compris alors que Monsieur Bolduc ne voulait pas que le gouvernement modifie la trajectoire que lui et Parizeau avaient fait tracer par Monsieur Bourassa sur le tableau de l'évolution de leur Québec ; pour eux, la crise allait se résorber d'elle-même ; après tout, le Gouvernement, c'était eux ; des hauts fonctionnaires inamovibles qui trouvaient que la négociation était l'arme des faibles ; mais ils ne se doutaient pas que monsieur Bourassa avait utilisé de la craie pour le traçage sur le tableau. Il n'avait qu'à utiliser une brosse et l'effacer. La brosse, ce fut Jean Cournoyer. Bolduc alla alors voir le premier ministre et lui remit sa démission. Monsieur Bourassa le nomma sous-ministre des Affaires municipales, une promotion horizontale. Et Cournoyer, se retrouva sans sous-ministre et obligé de prendre le dossier au complet et de repartir à zéro pour nettoyer le gachis. Bolduc aurait sans doute préféré devenir secrétaire du Conseil exécutif, mais Julien Chouinard occupait le poste. Quel sort Claude Ryan aurait-il souhaité à un haut fonctionnaire en désaccord avec le gouvernement ? Malheureusement pour Monsieur Ryan, les libéraux et moi fûmes réélus avec une forte majorité aux élections du 29 octobre 1973. Bolduc a été nommé président de la Commission de la Fonction publique en 1979 par le gouvernement de René Lévesque, puis il a été enfin nommé sous-ministre du Conseil exécutif en 1986 par le nouveau gouvernement de Robert Bourassa.

  • Distinctions -


Officier de l'Ordre du Canada-OOC (1984).
Chevalier de l'Ordre national du Québec-CONQ (1998).

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