Acadie ou L'Acadie, région du Canada (touristique)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Colonisée par les Français et officiellement cédée aux Anglais par le Traité d'Utrecht du 11 avril 1713, l'Acadie s'étendait de la péninsule gaspésienne au nord et englobait la péninsule acadienne au sud, du golfe du Saint-Laurent en passant par les détroits de Northumberland et Canso à l'est jusqu'à la rivière Pentagouet en Nouvelle-Angleterre à l'ouest ; l'Acadie ne comprenait pas l'Île Royale (Cap-Breton), ni l'Île Saint-Jean (Île-du-Prince-Edward). Dans La Mémoire du Québec, l'Acadie comprend les provinces de Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de Île-du-Prince-Edward.


  • Éphémérides -


Voir aussi Québec (province). Histoire (-32 000 - 1759).

L'Acadie française

1518 Le baron de Léry entreprend de fonder un établissement en Acadie mais les vents contraires le font échouer.
1521 Joao Alvarez Fagundes explore les côtes de ce qui sera la Nouvelle-Écosse-NS pour le compte du Portugal ; il tente d'établir une colonie sur l'île du Cap-Breton.
1524-1525 Financé par l'Espagne, Esteban Gomez longe les côtes américaines de la Floride jusqu'aux Grands Bancs de Terre-Neuve, en particulier à partir de la rivière Penobscot jusqu'au détroit de Canso.
1524 L'Italien Giovanni da Verrazzano, sur le navire La Dauphine, explore les côtes de l'Amérique du Nord (Carolines, New York, Rhode Island et l'Île du Cap-Breton) au nom de François 1er, roi de France ; Verrazzano aurait donné à ce territoire le nom de Gallia Nova (Nouvelle-France) et en particulier celui d'Arcadia à l'île qui sera rebaptisée plus tard Cap-Breton.
1534
(20 avril) Jacques Cartier quitte Saint-Malo (France) sur 2 navires pour trouver un passage pour aller en Chine en passant par l'ouest.
(25 juin) Les navires de Jacques Cartier passent la nuit à l'île Brion, l'une des îles de la Madeleine.
(Mai) Jacques Cartier atteint le détroit de Belle-Isle entre le Labrador et Terre-Neuve ; il baptise l'endroit «Terre de Caïn».
(30 juin-1 juillet) Jacques Cartier explore les rives de l'île Saint-Jean (Île-du-Prince-Edward).
(2 juillet) Jacques Cartier explore la rive de Miramichi, Nouveau-Brunswick.
(4-12 juillet) Les deux navires de Cartier mouillent dans la baie de Port-Daniel (Gaspésie).
(14 juillet-25 juillet) Cartier séjourne dans la baie de Gaspé.
(24 juillet) Cartier débarque et prend possession du pays (Canada) au nom du roi de France.
1535
(15 juillet) Jacques Cartier entreprend son deuxième voyage au Canada avec 3 vaisseaux (la Grande Hermine jaugeant 120 tonneaux, la Petite Hermine jaugeant 60 tonneaux et l'Hémérillon jaugeant 40 tonneaux).
1536
(3 mai) Cartier fait ériger une croix à Stadacona au confluent de la rivière Sainte-Croix (aujourd'hui Saint-Charles) et du fleuve Saint-Laurent, puis il part pour la France avec le chef Donnacona, les deux fils de ce dernier et 7 autres amérindiens comme prisonniers ; il arrive à Saint-Malo le 16 juillet après avoir longé la côte sud-est de Terre-Neuve et les îles Saint-Pierre et Miquelon.
1572
Massacre de la Saint-Barthélemy exécuté contre les protestants en France.
1583
Humphrey Gilbert prend possession de Terre-Neuve au nom du roi d'Angleterre.
1598
L'Édit de Nantes reconnaît aux protestants la liberté de conscience et l'égalité civile tout en limitant l'exercice de leur culte à des lieux précis. Le marquis de La Roche, nanti par le roi Henri IV du droit exclusif de commercer et d'autoriser à commercer sur la côte Atlantique, laisse provisoirement un certain nombre de repris de justice sur l'île de Sable (Nouvelle-Écosse-NS) ; La Roche part à la recherche d'un endroit plus propice sur la terre ferme, mais une forte tempête le ramène sur la côte de France ; en 1603, il ne restait plus que 11 des personnes laissées sur l'île de Sable, et elles furent rapatriées en France.
1602
Fondation de la Compagnie de la Nouvelle-France par le sieur Aymard de Chaste qui confie à Samuel de Champlain l'organisation et la réalisation d'une expédition en Nouvelle-France.
1603
(29 mars 1603) Signature par la France et l'Angleterre du Traité de Saint-Germain-en-Laye ; par ce traité, l'Angleterre renonce à tous ses droits sur les territoires qui composaient le Canada et l'Acadie. Le Canada d'alors comprenait les bassins droit et gauche du fleuve Saint-Laurent et l'Acadie comprenait ce qui est aujourd'hui le nord et l'est du Nouveau-Brunswick et quelques agglomérations de l'Île-du-Prince-Édouard, de Nouvelle-Écosse-NS et de Terre-Neuve et Labrador.
(Avril 1603) Concession du Maryland (Terra Mariae), du Delaware et d'une partie de la Pennsylvanie et de la Virginie par le roi Charles 1er à George Calvert, baron de Baltimore ; les catholiques honnis du royaume d'Angleterre y trouvent asile.
(10 mai 1603) Isaac de Razilly est nommé gouverneur de l'Acadie.
(19 mai 1603) La Compagnie des Cent associés concède à Isaac de Razilly l'île Sainte-Croix et le pays avoisinant (12 lieues de front sur 20 lieues de profondeur).
(14 juin 1603) Le roi d'Angleterre Charles I déclare au Conseil privé d'Écosse que par le Traité de Saint-Germain-en-Laye, il n'a aucunement l'intention de renoncer à la Nove Scotia.
(4 juillet 1603) Isaac de Razilly part d'Auray avec 300 hommes d'élite.
(13 juillet) La France récupère le Canada (Québec) et l' Acadie ; Émery de Caen reprend l'abitation de Champlain à Québec laissée en ruine par les frères Kirke. Les colons écossais sont rapatriés à bord du Saint-Jean, le navire de Razilly.
(8 septembre 1603) Isaac de Razilly et ses 300 hommes s'installent à La Hève (on y trouve d'abord des Aucoin, Dugas, Gaudet, Landry, ensuite des Cormier, Gallant, Leblanc, Légère, Saunier, puis des Arsenault, Boudreau, Comeau, Robichaud, Thériault et Thibodeau).
(8 novembre 1603) Le roi de France, Henri IV, concède à la Compagnie de la Nouvelle-France, pour une période de 10 ans, le droit exclusif de faire la traite sur les côtes du territoire situé entre le 40e et le 46e degré de latitude à la condition d'y amener chaque année 60 colons et à gagner les Indiens à la foi chrétienne ; on commence à utiliser l'expression Nouvelle-France pour désigner ce territoire. Aymard de Chaste étant décédé, c'est Pierre Du Gua de Monts qui dirige la Compagnie de la Nouvelle-France ; le roi le nomme lieutenant-général des côtes, terres, confins de l'Arcadie, du Canada et autres lieux en Nouvelle-France.
1604
Pierre Du Gua de Mons obtient le droit de pêche exclusif sur la côte septentrionale de l'Amérique du Nord et arrive en Amérique avec Samuel de Champlain.
Les Français fondent des agglomérations sur le territoire occupé par les mic-macs et les Etchemins.
(7 avril 1604) Sous le commandement de Dupont-Gravé et accompagné de Jean de Biencourt de Poutrincourt et de Pierre Du Gua de Monts voyageant à bord de 2 bateaux jeaugeant respectivement 150 et 120 tonneaux et transportant 120 artisans catholiques et protestants, Champlain entreprend un deuxième voyage au cours duquel il explore l'Acadie et le littoral de la New England ; Pierre Du Gua de Monts débarque ses artisans sur l'île Sainte-Croix (Dochet) à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix, Nouveau-Brunswick, dans la baie Française (de Fundy) et y fait construire un fort, un magasin, des habitations, un four et un moulin à bras.
1604-1605
(Hiver) Le scorbut cause la mort de 35 des 79 colons installés sur l'île Dochet à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix (Acadie).
1605
(Août 1605) Pierre Du Gua de Monts fait démolir l'installation de l'île Dochet et la reconstruit à Port-Royal (Annapolis) sur le bassin de la rivière Annapolis où il laisse Pontgravé, puis Biencourt.
1606
(10 avril 1606) Le roi d'Angleterre James the Ist octroie par lettres patentes (The First Virginia Charter) le pouvoir d'établir des colonies et de commercer sur une vaste partie du continent américain du cap Fear à la baie Passamaquoddy ; ce territoire est divisé en deux parties : la New England (entre le 41e et le 45e degré de latitude) octroyée à la Company of Plymouth, et la Virginia (entre le 34e et le 38e degré de latitude) octroyée à la Company of London ou Virginia ; la partie située entre le 38ième et le 41ième degré de latitude étant octroyé conjointement aux deux compagnies.
(13 mai 1606) Poutrincourt quitte La Rochelle sur le Jonas jaugeant 150 tonneaux, avec 50 personnes à bord dont l'avocat Marc Lescarbot et l'apothicaire Louis Hébert.
(31 mai 1606) La Company of Plymouth expédie 120 colons dirigés par George Popham vers l'embouchure de la rivière Kennebek, Maine. Ces colons retournent en Europe au printemps de 1608 après avoir perdu Popham et 75 des leurs.
(27 juillet 1606) Le Jonas arrive à Port-Royal (Annapolis).
1607
(13 mai 1607) Trois petits bateaux (le Susan Constant, le Godspeed et le Discovery) commandités par la Company of Virginia de Londres (Angleterre) et transportant 104 hommes mouillent dans la rivière qu'ils baptisent James en l'honneur du roi d'Angleterre ; ils fondent Jamestown, le premier établissement anglais qui deviendra permanent en Amérique du Nord ; c'est la naissance de l'État de Virginie.
(7 juillet 1607) Le roi de France révoque le monopole de la Compagnie de la Nouvelle-France sur la traite.
(11 août 1607) Pierre Du Gua de Monts décide d'abandonner Port-Royal (Annapolis) et d'orienter ses efforts vers le Canada ; la plupart des colons de Port-Royal (Annapolis) rentrent en France sauf un petit groupe dirigé par Charles de Biencourt et Charles de La Tour.
(Au cours de l'hiver 1607-1608) Plus de la moitié des pionniers de Virginie meurent de maladie ou sont tués par les Amérindiens.
1608
(7 janvier 1608) Pierre Du Gua de Monts obtient le monopole de la traite sur le Saint-Laurent.
1609
Parution de l'Histoire de la Nouvelle-France par Marc Lescarbot.
Champlain remonte la rivière des Iroquois (Richelieu) jusqu'au lac à qui il donne son nom ; il accompagnait alors une expédition de Hurons et d'Algonquins contre les Iroquois ; Champlain tue lui-même 2 chefs iroquois de coups d'arquebuse.
Conclusion d'une alliance entre Champlain et les Hurons.
Henry Hudson remonte le fleuve Hudson.
1610
Des marchands anglais fondent la London and Bristol Company et envoient John Guy et 40 hommes établir une colonie à Conception Bay sur l'île de Terre-Neuve.
Fondation de la Compagnie des marchands de Rouen et de Saint-Malo.
(26 février 1610) Poutrincourt, pourvu du titre de vice-roi, revient à Port-Royal (Annapolis).
(14 mai 1610) Le roi Henri IV de France est assassiné.
(23 mai 1610) Le gouverneur Thomas Gates débarque à Jamestown accompagné de 600 émigrants anglais (hommes, femmes et enfants) venus à bord de 9 vaissaux.
1611
(27 mai 1611) Les pères Biard et Massé débarquent à Port-Royal (Annapolis).
1612
Fondation de la Compagnie de Rouen et Saint-Malo présidée par Henri de Bourbon, prince de Condé qui devient vice-roi de la Nouvelle-France et obtient le droit de traite exclusive alors que Samuel de Champlain est confirmé comme son lieutenant dans la colonie.
(13 novembre 1612) Marie de Médicis, la veuve de Henri IV, révoque la commission de vice-roi de Poutrincourt.
1613
(Mai 1613) Le Jonas équipé par les bons soins de la marquise de Guercheville aidée de la reine-mère transporte 48 colons français et des jésuites vers l'Acadie ; obligé d'aterrir, René Le Coq de la Saussaye, le chef de l'expédition, fait débarquer ses gens au sud de l'île du Mont Désert à un endroit qu'il nomme Saint-Sauveur ; cet endroit est situé en dessous du 45e degré de latitude nord (à cette époque, il y avait un conflit majeur entre l'Angleterre et la France au sujet des limites de leurs possessions en Amérique du Nord : l'Angleterre réclamait le pays situé entre le 34e et le 45e degré de latitude nord alors que la France prétendait dominer du nord au sud jusqu'au 40e degré de latitude nord).
(Juillet 1613) Fort des prétentions de l'Angleterre, le gouverneur de la Virginie, Thomas Dale, donna l'ordre à Samuel Argall, un armateur de cette colonie, d'aller déloger les Français de Saint-Sauveur ; l'établissement fut saccagé, le Jonas fut saisi par les Anglais et les colons furent faits prisonniers ; l'endroit fut renommé New Scotland.
Ensuite, Argall arma 3 navires dont le Jonas, alla planter une croix au nom du roi d'Angleterre sur le site de Saint-Sauveur, puis détruisit ce qui restait de l'établissement de Sainte-Croix situé en deçà du 45e degré de latitude nord ; puis il se rendit à Port-Royal (Annapolis) dont il incendia tous les bâtiments.
1614
Le capitaine John Smith explore les côtes des actuels États du Maine, du New Hampshire et du Massachusetts et donne à la région le nom de New England.
1618-1648
Guerre de Trente ans en Europe entre les Bourbons qui régnaient à Vienne et les Hapsbourg qui régnaient à Madrid.
1619
(30 juillet 1619) Le gouverneur de la Virginie, George Yeardley, convoque dans l'église de Jamestown la première assemblée représentative en Amérique du Nord qui remplacera la Company of Virginia de Londres (Angleterre) dans la direction des affaires de la colonie de Virginie.
(Août 1619) Arrivée des premiers esclaves noirs (une vingtaine) amenés d'Angola qui débarquent à Jamestown (Virginie) pour cultiver le tabac.
1620
Des puritains anglais (79 hommes et 23 femmes) qui s'étaient réfugiés en Hollande 14 ans auparavant pour échapper à la persécution subie dans le royaume débarquent en Nouvelle-Angleterre à un endroit qu'ils appelleront New Plymouth ; ayant reçu la permission royale de s'établir en toute liberté en Amérique, ils avaient quitté Londres (Angleterre) à bord du Mayflower le 6 septembre précédent.
La Company of Plymouth est reconstituée sous le nom de Council of New England et le territoire situé entre le 40ième et le 48iéme degrés de latitude nord lui est concédé.
1621
Lord Baltimore fonde Ferryland sur la côte est de Terre-Neuve.
Massacre de 347 colons de Virginie par les Autochtones ; blâmée pour n'avoir pas suffisamment protéger les colons, la Company of Virginia est dépouillée de ses privilèges.
(10 septembre 1621) Le roi James Ist d'Angleterre concède l'Acadie et les îles voisines de l'entrée de la rivière Sainte-Croix jusqu'au fleuve Saint-Laurent sous le nom de Nova Scotia au poète écossais William Alexander ; Alexander la partage en 150 parts chacune étant de 3 milles de front x 6 milles de profondeur ; ce territoire de colonisation comprenait ce qui est aujourd'hui la province de Nouvelle-Écosse-NS, la province du Nouveau-Brunswick-NB, la province de l'Île-du-Prince-Edward, l'est du Québec et le nord de l'État du Maine ; Alexander rêvait d'y établir une colonie formée d'Écossais et de concurrencer les colonies française de Québec et anglaises de Virginia, Newfoundland et New England.
1622
Armand-Jean du Plessis de Richelieu devient cardinal de France.
(9 avril 1622) Wiliam Alexander signe un contrat avec Thomas Hopkins pour la location du bateau appelé Planter en vue du transport des colons écossais vers la Nouvelle-Écosse-NS imaginée par Alexander.
1623
Au décès de Charles de Biencourt, ses biens passent à Charles de LaTour.
1624
Une colonie hollandaise s'établit sur l'île de Manhattan.
Le cardinal Richelieu devient principal ministre de Louis XIII, roi de France.
Le gouvernement royal est établi dans la Virginie.
Charles Turgis de Saint-Étienne de La Tour devient commandant de l'Acadie et la colonie de Port-Royal (Annapolis) est déplacée vers Cap-aux-Sables.
1625
La Tour construit un fort près de l'embouchure de la rivière Pentagouët (Maine, États-Unis).
(15 juin 1625) Arrivée des 5 premiers jésuites en Nouvelle-France.
(12 juillet 1625) Le roi Charles 1st d'Angleterre confirme la concession de l'Acadie à Sir William Alexander faite par son prédécesseur James 1st.
1626
Les Hollandais nomment leur colonie New-Amsterdam.
1627
La guerre éclate entre la France et l'Angleterre.
La population blanche de la Nouvelle-France n'atteint pas 100 habitants dont seulement une douzaine de femmes.
La population de la Virginie est de 2 000 habitants, celle de la New Amsterdam, 200.
Fondation à Londres (Angleterre) de la Company of Adventurers to Canada dans le but de chasser les Français de la Nouvelle-France et d'établir une colonie écossaise à Tadoussac.
(29 avril 1627) Élimination de la Compagnie de Montmorency et incorporation à Paris de la Compagnie des Cent-Associés (ou Compagnie de la Nouvelle-France) par le cardinal Richelieu dans le but du peuplement du Canada, de l'Acadie et de la Floride par des Français catholiques.
La Compagnie des Cent-Associés reçoit la Nouvelle-France en toute propriété, seigneurie et justice, avec pouvoir d'attribuer aux terres inféodées tels titres, honneurs, droits et facultés qu'elle jugerait convenables, et d'ériger même des duchés, marquisats, comtés, vicomtés, baronnie, châtellenies, sauf confirmation par le prince ; la Compagnie obtient le monopole perpétuel du trafic des cuirs, peaux et pelleteries et, pour 15 ans, le monopole de tout autre commerce par terre et par mer sauf en ce qui concerne la pêche à la morue et à la baleine qui reste accessible à tous les Français.
1628
Prise de Port-Royal (Annapolis) par les frères Kirke (David, Lewis, Thomas, John et James) au nom de l'Angleterre ; ils interceptent le premier groupe de 400 colons français envoyés par la Compagnie des Cent associés.
(19 mars 1628) La Company of Massachusetts achète le territoire qui deviendra l'État du Massachusetts.
1629
Quelque 70 colons écossais s'installent à Port Royal qu'ils rebaptisent Scotch Fort.
Lord Baltimore met un terme à sa tentative de colonisation de Terre-Neuve et envoie ses colons vers la Virginie.
Claude et Charles Turgis de La Tour établissent un poste de commerce à l'embouchure de la rivière Saint-Jean.
(24 avril) 1629 Signature du Traité de Suze qui rétablit la paix entre la France et l'Angleterre.
(20 juillet 1629) Québec tombe aux mains des frères Kirke (David, Louis, Thomas, Jean et Jacques) et de l'Angleterre.
1630
Le roi de France demande à l'Angleterre la restitution de Québec.
Au-delà de 2 000 personnes immigrent sur la côte est de l'Amérique et fondent l'agglomération qui deviendra Boston.
1631
Exploration de la baie James par le navigateur anglais Thomas James.
1632
Le cardinal Richelieu accorde aux jésuites le monopole du missionnariat de la Nouvelle-France.
La population de Québec est de 20 habitants.
Parution de Les Grands Voyages au pays des Hurons par Gabriel-Théodat Sagard.
Parution de Les Voyages de la Nouvelle-France par Samuel de Champlain.
(7 avril 1632) Sous le commandement de Dupont-Gravé et accompagné de Jean de Biencourt de Poutrincourt et de Pierre Du Gua de Mons voyageant à bord de 2 bateaux jaugeant respectivement 150 et 120 tonneaux et transportant 120 artisans catholiques et protestants, Champlain entreprend un deuxième voyage au cours duquel il explore l'Acadie et le littoral de la Nouvelle-Angleterre ; Pierre Du Gua de Monts débarque ses artisans sur l'île Sainte-Croix (Dochet) à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix, Nouveau-Brunswick, dans la Baie Française (Baie de Fundy) et y fait construire un fort, un magasin, des habitations, un four et un moulin à bras.
(29 mars 1632) Signature par la France et l'Angleterre du Traité de Saint-Germain-en-Laye ; par ce traité, l'Angleterre renonce à tous ses droits sur les territoires qui composaient le Canada et l'Acadie.
(Avril 1632) Concession du Maryland (Terra Mariae), du Delaware et d'une partie de la Pennsylvanie et de la Virginie par le roi Charles 1er à George Calvert, baron de Baltimore ; les catholiques honnis du royaume d'Angleterre y trouvent asile.
(10 mai 1632) Isaac de Razilly est nommé gouverneur de l'Acadie.
(19 mai 1632) La Compagnie des Cent associés concède à Isaac de Razilly l'île Sainte-Croix et le pays avoisinant (12 lieues de front sur 20 lieues de profondeur).
(4 juillet 1632) Isaac de Razilly part d'Auray avec 300 hommes d'élite.
(14 juin 1632) Le roi d'Angleterre Charles I déclare au Conseil privé d'Écosse que par le Traité de Saint-Germain-en-Laye, il n'a aucunement l'intention de renoncer à la Nove Scotia.
(13 juillet 1632) La France récupère le Canada (Québec) et l' Acadie ; Émery de Caen reprend l'abitation de Champlain à Québec laissée en ruine par les frères Kirke.
Les colons écossais sont rapatriés à bord du Saint-Jean, le navire de Razilly.
(8 septembre 1632) Isaac de Razilly et ses 300 hommes s'installent à La Hève (on y trouve d'abord des Aucoin, Dugas, Gaudet, Landry, ensuite des Cormier, Gallant, Leblanc, Légère, Saunier, puis des Arsenault, Boudreau, Comeau, Robichaud, Thériault et Thibodeau).
1635 Concession de la seigneurie de La Tour à l'embouchure de la rivière Saint-Jean.
(Novembre 1635) Au décès d'Isaac de Razilly, le gouvernement de l'Acadie est confié à Charles de Menou D'Aulnay de Charnisay qui se fixe à Port-Royal (Annapolis) avec son épouse, Jeanne Motin, ses enfants et ses domestiques et d'autres colons (Arsenault, Belliveau, Bourc, Bourgeois, Cormier, Daigle, Girouard, Landry, Leblanc, Mélanson, Poirier, Richard, Robichaud) ; en tout, 15 familles partent de La Hève pour s'établir à cet endroit.
1636
Soulèvement populaire dans l'Angoumois et dans le Saintonge en France.
La population de la Nouvelle-France est de 400 habitants.
(15 juin 1636) Charles Huault de Montmagny vient remplacer Champlain.
1638
Des Suédois s'établissent sur le territoire aujourd'hui appelé Pennsylvanie et Delaware.
L'imprimerie est introduite à Cambridge, Massachusetts.
(10 février 1638) Pour régler un conflit entre Menou D'Aulnay et Charles de La Tour, le cardinal Richelieu fixe la démarcation du domaine sous la compétence de D'Aulnay en tirant une ligne de l'est à l'ouest au milieu de la Baie Française (Baie de Fundy) ; le pays du côté nord, moins le fort Saint-Jean, formant les côtes actuelle du Nouveau-Brunswick et de l'État du Maine, de Chignecto jusqu'à Pamaquid serait sous la compétence de Menou D'Aulnay ; la péninsule acadienne, allant jusqu'à Canso, excepté La Hève et Port-Royal (Annapolis), serait sous la juridiction de Charles de La Tour ; chacun des deux était sur le territoire de l'autre.
1639
Soulèvement populaire en France dans la Normandie, la Gascogne et Rouergue.
1640
25 hommes et 5 femmes arrivent à Port-Royal (Annapolis).
La population de la Nouvelle-France est d'environ 1 000 habitants.
Le gouverneur Leonard Calvert institue l'Assemblée générale du Maryland qui sera la première à proclamer le principe de la liberté de conscience.
1641
Les Iroquois déclarent la guerre aux Français. D'Aulnay de Charnisay améne 20 autres familles de France à Port-Royal (Annapolis) (Acadie).
1642
(17 mai) Fondation de Ville-Marie (Montréal) par 70 Français dirigés par Maisonneuve et financés par la Société de Notre-Dame.
1643 Le Massachusetts, le New Plymouth, le Connecticut et le New Haven se réunissent sous le nom de New England Confederation ; cette confédération formée de colonies souveraines, frappera sa propre monnaie.
1644 La population de Port-Royal est d'environ 400 habitants.
1650 La population anglo-saxonne de Newfoundland est d'environ 350 habitants.
Il y a de 45 à 50 familles d'origine européenne en Acadie établies principalement à Port-Royal (Annapolis) et à La Hève (La Have) pour une population totale d'environ 400 habitants.
(23 mai) Le gouverneur de l'Acadie, D'Aulnay de Charnisey se noye ; son décès interrompt le développement de l'Acadie ; son créancier, Emmanuel LeBorgne, entre en possession de ses avoirs et devient gouverneur de l'Acadie.
1651
La Huronie est vaincue par les Iroquois et est décimée par la variole.
Charles de La Tour reprend Port-Royal (Annapolis).
La population de la Nouvelle-France est de 1 050 habitants.
(9 octobre) Le Parlement anglais dirigé par Cromwell adopte le Navigation Act en vertu duquel il est défendu aux colonies anglaises d'importer ou d'exporter des marchandises dans d'autres navires que des navires anglais montés par des marins anglais.
1653
(3 décembre 1653) La Compagnie des Cent associés cède à Nicolas Denys pour 15 000 livres, le pays et le monopole de la traite sur le territoire compris entre Canso et Cap-des-Rosiers sur la côte de Gaspé.
1654
Oliver Cromwell, qui dirige l'Angleterre, charge le major Robert Sedgwick du Massachusetts de reprendre l'Acadie au nom de l'Angleterre. Sedgwick prend d'abord le fort Saint-Jean de La Tour.
(30 janvier 1654) Nicolas Denys est nommé gouverneur et lieutenant général de tout son territoire et de celui de Terre-Neuve, du Cap-Breton, de Saint-Jean et des îles avoisinantes ; de plus, un arrêt du roi interdit à LeBorgne d'entreprendre quoique ce soit sur le territoire de Nicolas Denys.
(16 août 1654) Les Bostoniens de Robert Sedgwick s'emparent de Port-Royal (Annapolis) et de plusieurs autres postes et la colonie française redevient anglaise.
1659
(13 avril 1659) Le pape Alexandre VII établit le vicariat apostolique de la Nouvelle-France et y nomme Mgr François de Laval de Montmorency.
(16 juin 1659) Arrivée à Québec de Mgr François de Laval de Montmorency.
1661
Les Iroquois tuent 68 Français dans des embuscades.
(3 août 1661) L'abbé Gabriel de Queylus revient à Montréal avec le pouvoir d'y créer une cure indépendante du vicariat apostolique de Québec.
1662
La population de la Nouvelle-France est de 3 300 habitants. La France érige des fortifications à Plaisance (Terre-Neuve).
1663
Fondation de la colonie du Rhode Island par le roi Charles II d'Angleterre.
Charles II d'Angleterre oblige les colons américains à vendre et à acheter des biens en Angleterre ou dans les possessions anglaises exclusivement.
Charles Doublet de Honfleur prend possession des Îles de la Madeleine au nom du roi de France.
1664
Le gouvernement royal est établi dans la colonie de New York.
Dissolution de la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France.
(28 mai 1664) Par édit du roi de France, toutes les possessions françaises en Amérique et sur la côte africaine de l'Atlantique passent sous l'autorité de la Compagnie des Indes occidentales qui obtient le monopole du commerce extérieur et intérieur dans les colonies françaises d'Amérique pour une période de 40 ans ; le même édit érige Québec en prévôté et introduit la Coutume de Paris dans l'administration de la justice en Nouvelle-France.
(8 septembre 1664) Les Anglais deviennent maîtres de la colonie de New Amsterdam et la rebaptise New York.
1665
La population de la Nouvelle-France est de 3 215 habitants. Octroi d'une charte par le roi d'Angleterre créant la Colonie of Carolina.
Arrivée de 529 personnes dont les premières filles du roi envoyées en Nouvelle-France pour s'y marier avec les colons célibataires que le roi oblige à quitter le célibat.
Nomination de Daniel de Remy de Courcelle pour succéder à Saffray de Mésy comme gouverneur de la Nouvelle-France. Nomination de Jean Talon comme premier intendant de la Nouvelle-France.
1666
La population française de la Nouvelle-France est de 3 215 habitants et 1 024 soldats.
1667
Tenue du deuxième recencement en Nouvelle-France ; la population française est de 3 918 habitants.
(10 juillet 1667) Les Français signent la paix avec les Iroquois.
(31 juillet 1667) Signature du Traité de Bréda en vertu duquel l'Acadie revient sous l'autorité de la France en échange de quelques îles des Antilles.
1669
La Compagnie des Indes occidentales perd le monopole du commerce dans les colonies françaises d'Amérique.
1670
Le nouveau gouverneur de l'Acadie, Hector d'Andigné de Grandfontaine, débarque au fort Pentagouet avec 40 soldats, dont Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin, 13 officiers dont Jacques de Chambly, Pierre Joybert de Soulanges et de Marson, l'enseigne Sébastien de Villieu, un ingénieur militaire et plusieurs membres de l'Académie royale des sciences.
1671
Premier recensement officiel en Acadie ; la population de l'Acadie (Port-Royal, Cap-de-Sables et Cap-Nègre) est d'environ 392 habitants (381 ou 441 selon d'autres sources) répartis dans 75 familles.
1672
L'Angleterre impose à ses colonies d'Amérique un impôt sur les marchandises qui ne sont pas exportées directement chez elle.
Fondation de Beaubassin (Acadie) par le chirurgien Jacques Bourgeois et ses 2 fils, Charles et Germain, et établissement de premières familles d'origine européennes (Pierre Sire (Cyr), Germain Girouard, Jacques Belou, Thomas Cormier, Pierre Arsenault, Chiasson, Cottard, Aubin-Mignaut, Haché-Galant) à cet endroit de l'isthme de Chignectou.
Pierre de Joybert bâtit le poste Jemsek sur la rivière Saint-Jean.
1673
Jacques de Chambly devient gouverneur de l'Acadie.
Le Parlement britannique adopte le Test Act qui oblige les catholiques de Grande-Bretagne et de ses colonies à prêter serment de fidélité au Roi d'Angleterre, chef de l'Église anglicane.
1674
(1er août 1674) Des Hollandais venus de Boston à bord de la frégate hollandaise Flying Horse dirigés par le capitaine Jurriaen Aernouts s'emparent du fort Pentagoët (Penobscot) au nom du souverain William Prince d'Orange et prennent possession de l'Acadie qu'ils renomment Nova Hollandia et font prisonnier le gouverneur Jacques de Chambly qu'ils amènent à Boston.
(1 octobre 1674) Par une bulle du pape Clément X, le vicariat apostolique de Québec accède au statut d'évêché suffragant direct de Rome.
1676
Concession d'une seigneurie à Michel LeNeuf de la Vallière ; son territoire qu'il nomme Beaubassin couvre l'isthme de Chignectou.
400 Abénakis sont attirés dans un piège à Casco sous prétexte d'une fêtedonnée par les Anglais en leur honneur ; faits prisonniers, les Abénakis sont vendus comme esclaves à Boston et 8 de leurs chefs sont pendus.
En l'espace de 50 ans, 86 000 Amérindiens sont massacrés par les puritains du Connecticut
1680
La population anglo-saxonne de Terre-Neuve est d'environ 2 000 habitants.
1681 La population française de Nouvelle-France (sans l'Acadie) est de 9 677 habitants.
1682
Des familles d'origine européenne s'établissent au bassin des Mines (Grand-Pré).
(6 avril 1682) Cavelier de LaSalle atteint le golfe du Mexique et prend possession de la vallée inférieure du Mississipi au nom du roi de France, Louis XIV ; il donne à cette région le nom de Louisiane.
1683
(25 novembre 1683) Concession d'une seigneurie (3 lieues le long de chacun des 2 bords de la rivière Madawaska, proche de la rivière Saint-Jean, avec le lac Cecemiscouata, ou Témiscouata, par 2 lieues de profondeur) à Charles Aubert de La Chesnaye pour ses jumeaux, Antoine Aubert et Marguerite-Angélique Aubert, par le gouverneur Frontenac et l'intendant De Meulles.
1684
Établissement d'un poste de traite par les Français au lac Nipigon dans la région du lac Supérieur.
René D'amours de Clignancourt construit le poste Médoctec sur la rivière Saint-Jean.
(20 septembre 1684) Concession de la rivière Richibouctou à Louis Damours de Chauffours.
1685
Révocation de l'Édit de Nantes de 1598 en France ; plusieurs protestants français s'expatrient.
La population de la Nouvelle-France est de 11 305 âmes, celle de la colonie anglaise de New York, 18 000 âmes.
1686
La population de la Nouvelle-France est de 10 725 habitants dont 895 (855 selon d'autres sources) répartis dans 151 familles en Acadie.
Le gouvernement royal (un gouverneur et un conseil nommé par lui) est imposé à la colonie du Massachusetts.
Le sulpicien Louis Geoffroy est nommé vicaire à Port-Royal.
1687
Le Rhode Island se joint à la New England Confederation formée en 1643 par le Massachusetts, le New Plymouth, le Connecticut et le New Haven.
La population de l'Acadie est de 885 habitants.
1688
La population de la Nouvelle-France est de 10 300 habitants.
1689
Concession d'une seigneurie à Mathieu Martin, le premier Acadien né en Amérique.
Les colons du Massachusetts s'insurgent à Boston contre le régime de gouvernement imposé par l'Angleterre en 1686.
Pierre Chenest construit le poste Nachouat sur la rivière Saint-Jean.
(21 février) Oliver Cromwell, prince calviniste d'Orange, remplace le roi catholique James II d'Angleterre et devient roi sous le nom de Guillaume III.
(17 mai) Guillaume III, prince d'Orange, roi d'Angleterre, déclare la guerre à la France.
(25 juin) La France déclare la guerre à l'Angleterre ; c'est le début de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg qui oppose la France à l'Allemagne, l'Angleterre, la Bavière, la Hollande, l'Espagne, l'Italie, la Savoie, la Suède.
1690
La population des colonies anglaises d'Amérique est de 250 000 habitants, celle de la Nouvelle-France et de l'Acadie, 12 000. Le sulpicien Louis Geoffroy qui était jusque-là vicaire est nommé curé de Port-Royal ; il organisera l'enseignement primaire en Acadie.
(Janvier 1690) En représailles contre les Anglais qu'ils croient responsables du massacre de Lachine par les Iroquois, 3 expéditions françaises détruisent 3 villages de New England : Schenectady (New York), Salmon Falls (New Hampshire) et Casco près de Portland (Maine).
(11 mai 1690) L'amiral anglais Phips s'empare de Port-Royal et reprend l'Acadie et Terre-Neuve aux Français ; il brûle tous les établissements, y compris les églises et les écoles.
(18 octobre 1690) Attaque de la ville de Québec par la flotte de l'amiral anglais Phips (34 voiles et 2 700 hommes) ; les Anglais sont repoussés et repartent vers Boston.
1691
(7 octobre 1601) La New England et l'Acadie sont réunies sous le nom de Massachusetts.
1693
La population de l'Acadie est de 1 018 habitants.
1696
(Été) Pierre LeMoyne d' Iberville s'empare du fort Pemaquid (Maine) et détruit 36 postes anglais de Newfoundland, tue 200 personnes et prend 700 prisonniers.
1697
Les Anglais s'emparent de Beaubassin (Acadie).
(20 septembre 1697) Signature du Traité de Ryswick qui met fin à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg et remet les belligérants dans le statu quo ante bellum ; la France conserve la baie de Hudson, récupère Port-Royal, mais rétrocède le fort Pemquid (Maine) et tous les postes de Terre-Neuve, sauf celui de Plaisance.
1698
Fondation de la colonie de Chipoudy (Acadie) par Pierre Thibaudeau avec Pierre Gaudet, Guillaume Blanchard, les Martin, Pitre, Savoie, Brossard et Babineau.
Fondation de Petitcoudiac (Acadie).
1699
Fondation de Cobéquid (Acadie).
Le Parlement britannique adopte «The Act to Encourage Trade to Newfoundland», un statut qui servira de constitution jusqu'en 1824 alors que Terre-Neuve deviendra une colonie britannique.
(2 mars) Pierre LeMoyne d'Iberville découvre l'entrée du fleuve Mississipi dans le golfe du Mexique et fait élever un fort entre le Mississipi et la rivière Mobile.
1700
Décès sans enfants de Charles II, roi d'Espagne.
(21 août 1700) Le gouverneur de Callières concède à Sébastien de Vilieu, capitaine de l'Acadie, 2 lieues de front à prendre depuis le cap le plus proche de la baie de Chipoudy au nord-est, en descendant au sud-ouest sur deux lieues de profondeur, avec l'île nommée «aux Meulles» . La seigneurie de Chipoudy est située au fond du bassin de Chinectopu
1702
Début de la guerre de Succession d'Espagne. La population de l'Acadie est de 1 134 habitants.
1704
(28 février) Les Français dirigés par Jean-Baptiste Hertel de Rouville attaquent la bourgade de Deerfield au Massachusetts, tuent ou font prisonniers les habitants et incendient les 17 bâtiments construits à l'intérieur des palissades ; en représailles, le gouvernement de Boston attaque l'Acadie à Penobscot et Passamaquoddy qu'il met à feu et à sang. Church détruit Grand-Pré et le village de Beaubassin.
1707
La population de la Nouvelle-France est de 17 104 habitants.
(6 juin) Deux régiments dirigés par le colonel March escortés de 2 vaisseaux de guerre assiègent Port-Royal.
(17 juin) Les Anglais lèvent le siège de Port-Royal.
(20 août) Plus de 1 000 soldats venus sur 3 vaisseaux se présentent devant Port-Royal et sont repoussés après avoir subi plusieurs pertes parmi leurs effectifs.
1710
La population de l'Acadie est de 1 700 habitants.
(6 mai 1710) Le roi de France nomme Antoine La Mothe Cadillac gouverneur de la Louisiane.
(12 octobre 1710) Le colonel Subercase signe la capitulation de Port-Royal (Acadie) après une semaine de combats et en dépit du Traité de Ryswick ; les habitants et les militaires français sont transportés à La Rochelle et le colonel Francis Nicholson, qui dirige l'armée de la Nouvelle Angleterre, donne le nom d'Annapolis (en l'honneur de la reine Anne d'Angleterre) à ce qui était jusque-là Port-Royal.

Gouverneurs et administrateurs de L'Acadie 1604-1710

1603-1607 DuGua de Monts, (Pierre) : gouverneur
1607-1614 Poutrincourt et de Saint-Just (Jean de) : gouverneur
1614-1624 Biencourt et de Saint-Just (Charles de) : gouverneur
1624-1631 La Tour (Charles de Saint-Étienne de) : gouverneur
1632-1635 Razilly (Isaac) : gouverneur
1635-1650 Menou d'MAulnay (Charles) : gouverneur
1650-1657 La Tour (Charles de Saint-Étienne de) ; Lieutenant-gouverneur
1657-1667 Le Borgne (Emmanuel) : gouverneur
1670-1673 Grandfontaine (Hector d'Andigné de) : gouverneur
1673-1677 Chambly (Jacques de) : gouverneur
1677-1678 de Joybert de Soulange et de Marson (Pierre) ; administrateur
1678-1684 Leneuf de la Vallière et de Beaubassin (Michel) ; administrateur
1684-1687 Perrot (François-Marie) : gouverneur
1687-1690 Friches de Meneval (Louis-Alexandre des) : gouverneur
1691-1700 Robineau de Villebon (Joseph) administrateur
1700-1701 Villieu (Claude-Sébastien de) administrateur
1701-1705 Monbeton de Brouillan (Jacques-François) : gouverneur
1704-1706 Denys de Bonaventure (Simon-Pierre) ; administrateur
1706-1710 Auger de Subercase (Daniel d') : gouverneur

1711
(24 juin 1711) L'amiral Hovenden Walker mouille dans le port de Boston à la tête d'une escadre de 15 bâtiments de guerre et de 40 transports portant un bataillon de soldats de marine et 7 régiments de terre formés de vétérans.
(30 juillet 1711) La flotte de Walker augmentée de bâtiments de New England part de Boston pour aller prendre Québec ; en tout, 88 bâtiments armés de 890 canons ettransportant 12 000 hommes ; le colonel Nicholson à la tête de 2 300 miliciens et Iroquois se met en branle pour pénétrer en Nouvelle-France par le lac Champlain.
(Nuit du 22 au 23 août 1711) Une partie de la flotte de Walker est dirigée par des vents violents sur les récifs qui entourent l'île aux Oeufs ; 7 transports de troupes et un navire de ravitaillement sont perdus et 1 390 personnes sont naufragées ; 740 soldats dont 35 femmes attachées de régiment, et 150 marins périssent. Walker rebrousse chemin avec le reste de sa flotte et perd 3 transports et une frégate dans le golfe avant de jeter l'ancre dans la Spanish Bay (Cap-Breton). Ayant appris les malheurs de Walker, le colonel Nicholson décide de ne pas attaquer par le lac Champlain.

L'Acadie anglaise

1713
La population de la Nouvelle-France est de 18 479 habitants.
(11 avril 1713) Signature du Traité d'Utrecht qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne ; en vertu de ce traité, la France abandonne à la Grande Bretagne les territoires de Terre-Neuve, sur laquelle elle conserve les droits de pêche sur sa côte nord, du cap Bonavista à Pointe Riche, de l'Acadie (moins l'île Saint-Jean, l'île Royale ou du Cap-Breton), l'embouchure du Mississipi dans le golfe du Mexique et du bassin de la baie d'Hudson et de la baie James ; la Grande-Bretagne obtient également un protectorat sur les Iroquois ; l'Acadie qui devient Nova Scotia-NS, et Terre-Neuve qui devient Newfoundland, passent sous souveraineté britannique ; Port-Royal devient capitale de la province de Nouvelle-Écosse-NS et est rebaptisé Annapolis Royal ; les Acadiens, à qui le traité assure le libre exercice de la religion catholique pour autant que le permettent les lois anglaises, ont une année pour émigrer vers la France, la Nouvelle-France, l'île Royale (île du Cap-Breton) ou l'île Saint-Jean (Île-du-Prince-Edward). 2 100 Acadiens deviennent sujets britanniques.
1713-1720
La Nova Scotia est gouvernée par les militaires qui y applique la loi martiale.
1714
La population de l'Acadie est de 1 947 habitants.
1715
La population de l'île Royale (Cap-Breton) est de 700 habitants.
1717
Pour protéger les intérêts de la France dans le golfe du Saint-Laurent, les Français entreprennent de construire une base navale fortifiée à Louisbourg, sur l'île Royale (île du Cap-Breton).
(12 janvier 1717) La France établit dans chacune de ses colonies un siège de l'amirauté qui a compétence en matières judiciaires (maritime) et administrative (permission de partir aux navires).
1718 La France construit Louisbourg afin d'y faire faire escale à ses navires qui vont en Nouvelle-France et arrêter les empiètements anglais de ce côté. La forteresse de Louisbourg était entourée d'une enceinte d'une demi lieue de longueur armée de 236 canons.
1719
(9 janvier 1719) Le régent de France déclare la guerre à l'Espagne.
1720
La Louisiane est partagée en 9 quartiers : Nouvelle-Orléans, Biloxi, Mobile, Illinois, Natchez, Arkansas, Yazous, Alibamons, Natchitoches. La population de Terre-Neuve est de 2 300 habitants. Un contingent de 300 Français arrive à l'île Saint-Jean. Création d'un conseil consultatif pour la Nouvelle-Écosse-NS ; les Acadiens y sont représentés par 24 des leurs dont 6 choisis par le gouverneur pour Annapolis, 4 pour Cobequid (Truro), 12 pour Les Mines (Hantsport) et 2 pour Beaubassin (Amherst). Burnet, le gouverneur de New York, interdit tout trafic avec les Canadiens pendant une période de 3 ans. Fondation de la paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste de Port-la-Joye en face du site actuel de Charlottetown.
Les Français exploitent une mine de charbon au bord de la baie de Glace (Glace Bay) de l'île du Cap-Breton ; le charbon sert à chauffer les installations de Louisbourg.
1721
La population de la Nouvelle-France est de 24 951 habitants (7 000 à Québec et 3 000 à Montréal).
1723
La population de l'île Royale (Cap-Breton) est de 2 800 habitants.
1725
(27-28 août 1725) Le Chameau, un bâtiment du roi de France, s'abîme sur les récifs de l'île Royale (Cap-Breton) avec à son bord 316 personnes ; il n'y a aucun survivant.
1727
Le roi de France interdit à ses colonies le commerce avec les Anglais.
(Octobre 1727) L'interdiction du gouverneur de New York décrétée en 1720 et interdisant le commerce avec les Canadiens est prolongée indéfiniment.
(Décembre 1727) Fondation d'un couvent à Louisbourg par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame-c.n.d.*.
1730
En échange de la reconnaissance de leur neutralité par le gouverneur Phillips, les Acadiens acceptent de prêter le serment suivant :
«Je promet sincèrement et jure en foi de chrétien que je serai entièrement fidèle et obéirai vraiment à Sa Majesté le roi George le Second, que je reconnais pour le souverain seigneur de la Nouvelle-Écosse et de l'Acadie. Ainsi Dieu me soit en aide.»
1731
La population de la Nouvelle-France est de 33 682 habitants. Gilles Hocquart est nommé intendant de la Nouvelle-France.
(23 janvier 1731) Rétrocession de la Loisianne et du pays des Illinois par la Compagnie d'Occident au roi de France.
1732
Le lieutenant-gouverneur Armstrong ordonne la cession de terres pour fins d'éducation en Noa Scotia.
1737
La population de l'Acadie est de 6 958 habitants.
1742
Début de la Guerre de succession d'Autriche.
1744
La population de la Nouvelle-France est de 50 000 habitants.
(15 mars 1744) Louis XV, roi de France, déclare la guerre à l'Angleterre.
(9 avril 1744) George II, roi d'Angleterre, déclare la guerre à la France. Les militaires de Louisbourg attaquent le poste de Canso, puis, en août, tente sans succès de prendre Annapolis Royal (Port-Royal).
1745
(9 janvier 1745) Le gouverneur du Massachusetts, William Shirley, convainc la législature de l'État de lever une armée pour aller prendre Louisbourg ; en peu de temps, 4 460 volontaires du Massachusetts, du Connecticut, du New Hampshire et du Rhode-Island sont réunis et, sous les ordres du négociant William Pepperell, s'embarquent le 24 mars suivant sur 13 navires de guerre et 90 transports et se dirigent vers Louisbourg ; les glaces les empêchent de débarquer pendant 3 semaines.
(16 ou 17 juin 1745) Les Français de Louisbourg capitulent, le port et l'île du Cap-Breton tombent aux mains des Anglo-américains ; tous les habitants français de l'île Royale (Cap-Breton) et les soldats de la garnison de Louisbourg sont déportés à Brest en France.
(28 novembre 1745) Le fort Saratoga est pris et détruit par les Canadiens.
1746
(Août 1746) Le fort Massachusetts se rend à Pierre Rigaud de Vaudreuil.
1747
(Janvier 1747) Les Canadiens s'emparent de Grand-Pré défendu par les Anglais dirigés par le colonel Noble.
(Juin 1747) Le fort Clinton est pris par Saint-Luc de La Corne.
(Octobre 1747) Le fort Bridgeman sur la rivière Connecticutt est brûlé par Chaussegros de Léry.
1748
(18 octobre 1748) Signature du Traité d'Aix-la-Chapelle qui met fin à la guerre de succession d'Autriche ; Louisbourg et l'île Royale (Cap-Breton) reviennent à la France, alors que Madras est concédée à l'Angleterre avec d'autres conquêtes françaises aux Pays-Bas. Au cours de la guerre, les Acadiens, qui se considèrent d'abord Acadiens, sont demeurés neutres s'attirant les foudres des Français qui les considérèrent comme des alliés infidèles et celles des Anglais qui les considérèrent comme des citoyens insatisfaisants.
1749
Deux régiments et 2 050 colons anglais débarquent dans la baie de Chibouctou (Halifax) et y construisent une forteresse ; l'endroit sera nommé Halifax en l'honneur de George Dunk, comte de Halifax, lord du Commerce et des Plantations du Gouvernement britannique, l'un des responsable de l'administration des colonies britanniques de l'Amérique du Nord. La capitale de la colonie de Nova Scotia est transférée d'Annapolis à Halifax.
Les Anglais construisent un fort à Grand-Pré.
Le gouverneur Cornwallis ordonne que les Acadiens prêtent un serment d'allégeance au roi d'Angleterre, cette fois sans condition ; ceux qui refusaient devaient quitter la Nouvelle-Écosse-NS.
Les Acadiens commencent à quitter leurs terres, mais le gouverneur refuse de leur accorder des passeports.
(Septembre 1749) Les Micmacs, qui n'acceptent pas la fondation de Halifax, déclarent la guerre aux Anglais.
1750
La population de l'île Royale (Cap-Breton) est d'environ 5 000 habitants. Épidémie de typhus dans toute la Nouvelle-France. Les Français construisent le fort Beauséjour et les Anglais le fort Edward l'un en face de l'autre.
1750-1751
Les Anglais amènent environ 1 500 protestants allemands qui s'établissent à Lunenburg (Nouvelle-Écosse-NS).
1751
Les Français construisent le fort Beauséjour sur l'isthme de Chignectou et les Anglais en construisent un à Beaubassin (Amherst).
La population de l'Acadie est d'environ 13 000 habitants. La France fait émigrer les Acadiens de Beaubassin au nord de la rivière Missaguash (New Brunswick-NB), et exige d'eux une fidélité inconditionnelle sous peine de déportation.
1752
Ouverture de nouvelles paroisses acadiennes dans l'Île-du-Prince-Edward : Sainte-Famille de Malpèque, Saint-Pierre de Baie-Saint-Pierre, Saint-Louis de Scotchfort et Saint-Paul de Pointe-Prime
1753
Charles Lawrence est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Nouvelle-Écosse-NS.
(7 juin 1753) Ouverture des registres de la paroisse de Petitcoudiac.
1754
La population de l'Acadie est de 13 000 habitants. La guerre reprend entre la France et l'Angleterre.
1755-1763
Près de 11 000 Acadiens sont déportés dont 7 000 vivaient en Nouvelle-Écosse-NS qui comprenait alors le Nouveau-Brunswick Environ 12 000 colons américains s'établissent sur les terres des Acadiens dépossédés.
1755
La population des colonies anglo-américaines est de 1 600 000 habitants, celle de la Nouvelle-France (Québec, Pays-d'en-Haut, Île Royale ou Cap-Breton et Louisiane) se situe entre 75 000 et 80 000 habitants. En Nouvelle-Écosse-NS, il y a 6 paroisses acadiennes : Annapolis Royal, Grand-Pré (Wolfeville), Rivière-aux-Canards (Upper Canard), Pigiguit (Windsor), Cobequid (Truro) et Beaubassin (Amherst).
(8 juin 1755) Les navires français Lys et Alcide sont bombardés et capturés par la flotte anglaise sur les bancs de Terre-Neuve ; cet événement fut le premier de la Guerre de Sept ans non encore déclarée officiellement.
(16 juin 1755) Les Anglo-Américains dirigés par le colonel Robert Monckton prennent le fort Beauséjour (Acadie) et le rebaptisent Cumberland.
Un édit enjoint aux habitants français de prêter sans réserve serment d'allégeance à la Couronne anglaise. Les Acadiens protestent.
Plusieurs fuient leur terre natale ; les frères Alexis Landry (marié à Marguerite Aucoin), Paul Landry, Joseph Landry et Jean-Baptiste Landry se réfugient avec Pierre Cormier et autres fuyards à la rivière Saint-Jean d'où ils furent chassés par les troupes de Monkton en 1758 ; ils partirent vers la vallée du Saint-Laurent. Alexis y resta une vingtaine d'années au bout des quelles il revint à la rivière Saint-Jean. Il décéda vers 1783 aux environs de Fredericton
(28 juin 1755) Charles Lawrence, le gouverneur de la province de Nouvelle-Écosse-NS, ordonne la destruction du fort Beauséjour et la déportation de quiconque ne prêtera pas serment d'allégeance formelle aux dirigeants anglais de la colonie.
(5 juillet 1975) Environ 100 délégués des Acadiens se rendent à Halifax pour y rencontrer le Conseil et le Gouverneur Lawrence ; on les prévint qu'on ne recevrait d'eux ni propositions ni explications... Le Conseil leur posa la question suivante :
«Voulez-vous jurer oui ou non au Roi de Grande-Bretagne, que vous prendrez les armes contre le Roi de France, son ennemi ? La réponse fut non. Le gouverneur donna aussitôt l'ordre de de les transporter sur un îlot, distant d'une portée de canon de Halifax. On les y conduisit comme des criminels et on les y laissa jusqu'à la fin d'octobre, n'ayant pour nourriture qu'un peu de pain et sans permission de parler»
(18 juillet 1755) À la suite de la capture du Lys et de l'Alcide par les Anglais, la France rappelle son ambassadeur à Londres (Angleterre).
(28 juillet 1755) Le Conseil exécutif de la province de Nouvelle-Écosse-NS dirigé par le gouverneur Charles Lawrence décide de déporter les Acadiens qui ne prêtent pas le serment d'allégeance inconditionnel à la Great Britain, de détruire tous leurs biens et de s'emparer de leurs terres pour les remettre à des colons britanniques ; les Acadiens mâles des environs âgés de plus de 10 ans furent réunis dans l'église, puis mis sur des bateaux et envoyés dans d'autres colonies britanniques ; les terres fertiles furent données à des planters venus d'Angleterre. Les hommes du colonel Monckton incendièrent les bâtiments et maisons des Acadiens récalcitrants.
(Août-septembre 1755) Embarquement de 1 500 Acadiens condamnés à l'exil. Les navires suivants quittent Pointe-aux-Boudrot, Pigiguit et Grand-Pré avec des exilés :
(30 août) Mary : Pointe-aux-Boudrot, Acadie pour Williamsburg (Virginie) puis l'Angleterre.
(30 août) Industry : Pointe-aux-Boudrot, Acadie pour Williamsburg (Virginie) puis l'Angleterre.
(30 août) Endeavour : Pointe-aux-Boudrot, Acadie pour Williamsburg (Virginie) puis l'Angleterre.
(31 août) Neptune : Pigiguit, Acadie pour Williamsburg (Virginie).
Début de septembre) Seaflower : Grand-Pré, Acadie pour Boston (Massachusetts) ; 206 Acadiens.
(4 septembre) Elizabeth : Grand-Pré, Acadie pour Annapolis (Maryland) ; 242 Acadiens.
(5 septembre 1755) Le colonel Winslow informe 418 chefs de famille acadiens réunis dans l'église Saint-Charles de Grand-Pré que tous leurs biens sont confisqués et qu'ils doivent être transportés en dehors de l'Acadie.
(6 septembre 1755) Le navire anglais Léopard : Grand-Pré, Acadie pour Annapolis (Maryland) ; 178 Acadiens.
(Entre le 10 et le 16 octobre 1755) Embarquement de 1 730 Acadiens condamnés à l'exil. Les navires suivants quittent Pointe-aux-Boudrot, Pigiguit et Grand-Pré avec des exilés :
(10 octobre 1755) Hannah : embarquement à Grand-Pré, Acadie, pour Philadelphie (Pennsylvania) ; 137 Acadiens.
(10 octobre 1755) Sarah & Molly : embarquement à Grand-Pré, Acadie, pour Williamsburg (Virginie) pour l'Angleterre.
(10 octobre 1755) Swan : embarquement à Grand-Pré, Acadie, pour Philadelphie (Pennsylvanie) ; 161 Acadiens.
(10 octobre 1755) Prosperous : embarquement à Pointe-aux-Boudrot, Acadie, pour Williamsburg (Virginie).
(12 octobre 1755) Dolphin : embarquement à Pigiguit, Acadie, pour Annapolis (Maryland) ; 230 Acadiens.
[12 octobre 1755) Three Friends : embarquement à Pigiguit, Acadie pour Philadelphie (Pennsylvanie) 156 Acadiens.
(16 octobre 1755) Ranger : embarquement à Pigiguit, Acadie pour Annapolis (Maryland).
(16 octobre 1755) Dove : embarquement à Grand-Pré pour le Connecticut.
(16 octobre 1755) Swallow : embarquement à Grand-Pré pour Boston (Massachusetts).
(16 octobre 1755) Ranger : embarquement à Grand-Pré pour Philadelphie (Pennsylvanie).
(16 octobre 1755) Race Horse : embarquement à Grand-Pré pour Williamsburg (Virginie).
(22 au 23 novembre 1755) Important tremblement de terre.
(20 décembre 1755) Départ d'un navire chargé d'Acadiens condamnés à l'exil ; 7 000 Acadiens ont été exilés depuis que l'ordre a été donné par Lawrence et exécuté par Monckton. Les déportés avaient nom Ayot, Cormier, Poirier, Robichaud, Langlois, Saulnier...etc.
1756
Environ 1 000 Acadiens déportés en Virginie sont immédiatement envoyés en Angleterre et retenus dans des camps jusqu'à ce que la France accepte de les recevoir en 1763.
(14 mars) Célébration d'une première messe dans une chapelle construite par 200 fuyards acadiens réfugiés dans les bois au lieu-dit Village des Babineau (Coverdale).
1758-1763
Environ 2 000 Acadiens qui s'étaient évadés au moment de l'ordre de déportation ont été repris ou se sont rendus aux autorités anglaises, puis furent emprisonnés à Halifax.
1758
Le Gouverneur Lawrence invite des fermiers anglais à s'emparer des terres des Acadiens.
La Législature de la province de Nouvelle-Écosse-NS adopte une loi qui déclare qu'aucun papiste ne pourra tenir un titre de propriété valide, que toute propriété détenue par un papiste sera saisie au profit de la Couronne et que tout prêtre catholique qui n'aura pas quitté le territoire le 25 mars 1759 sera passible d'emprisonnement perpétuel.
(2 juin 1758) L'amiral anglais Boscawen commandant 42 vaisseaux et 150 embarcations transportant 12 600 soldats commandés par Amherst apparait devant Louisbourg.
(8 juin 1758) Les Anglais débarquent à la baie des Cormorans et installent leurs batteries sur les hauteurs environnant Louisbourg.
(18 juin 1758) Les Anglais ouvrent le feu sur Louisbourg.
(27 juillet 1758) Louisbourg tombe aux mains des Anglais qui démolissent la forteresse et les établissements environnants.
(16 septembre 1758) Le brigadier-général Monckton se présente à Saint-Jean, à la tête de 1 200 miliciens avec mission de massacrer et détruire tout ce qui se trouvait jusqu'à 35 miles en amont de la rivière ; en 2 mois, Monckton effaça les établissements français situés entre Kennebecasis et Maugerville, y compris Jemsek, Villerai, Belle-Isle et Robichaud, brûla la récolte et emmena plusieurs prisonniers. Les Acadiens des îles Saint-Jean (Île-du-Prince-Edward) et du Cap-Breton furent expulsés puis emprisonnés au fort Cumberland (374) ou à Halifax (694).
(2 octobre 1758) Le droit anglais est introduit dans la province de Nouvelle-Écosse-NS.
1759
La Législature de la province de Nouvelle-Écosse-NS adopte une loi (An act for the quieting of possessions to the protestant grantees of the lands formerly occupied fy the French inhabitants) qui déclare que les Acadiens ont été simplement tolérés dans leur occupation des terres britanniques depuis toujours et que tous droit qu'ils auraient pu obtenir par prescription, transfert, concession ou autrement sont éteints en raison de leur trahison et de leur refus de prêter le serment d'allégeance. (28-29 janvier 1759) Moses Hazen, à la tête de miliciens bostonnais, encercle le village de Sainte-Anne (Fredericton), brûle maisons et granges abat les vieillards, les femmes et les enfants et ramène 23 captifs à Saint-Jean.
1760
Trois cents évadés acadiens repris sont envoyés en France.
Des émigrés britanniques chargés à bord de 22 vaisseaux débarquent au bassin des Mines. Ils s'installent à Grand-Pré qu'ils rebaptisent Horton, Gaspareau qui devient Cornwallis, Rivière-aux-Canards qui devient Wolfville, Pigiguit qui devient Windsor et Cobequid qui devient Truro ; Tout le bassin des mines devient les comtés de Kings et Hants.
(19 mai 1760) Les navires français Machault (32 canons), Bienfaisant (22 canons) et Marquis de Malouze (10 canons) commandés par La Giraudais baignent dans la baie des Chaleurs.
(9 juin 1760) La chef indien de Richibouctou révèle aux Anglais l'arrivée des bâtiments français.
(18 juin 1760) Le capitaine Byron commande les vaisseaux de guerre Fame, Achille, Dorsetshire, et les frégates Repulse et Scarborough transportant 1 700 soldats anglais et munis de 265 canons qui viennent attaquer les 3 petits navires français.
(8 juillet 1760) Bataille de la Restigouche ; les 3 vaisseaux français sont brûlés ainsi que les maisons du petit village de la Petite-Rochelle. En route vers l'île George, les Anglais ravagent le poste de pêche de Shippagan.
(8 septembre 1760) Capitulation de Montréal ; le Canada est livré aux Anglais. L'article 39 de l'Acte de capitulation proposé par le gouverneur Vaudreuil stipulait qu'aucun Français, restant au Canada ne sera transporté dans les colonies anglaises ni en Angleterre». mMais le général Amherst écrivit «Accordé sauf à l'égard des Acadiens» ; il y avait 1 000 Acadiens au Nouveau-Brunswick, 700 aux environs d'Halifax, 300 du côté de la baie Sainte-Marie et 400 dans l'île du Cap-Breton. L'article 55 stipulait que Les officiers, le miliciens et les Acadiens qui sont prisonniers en Nouvelle-Angleterre seront renvoyés dans leur pays.» Amherst écrivit encore «Accordé, à la réserve des Acadiens».
1762
Cinq navires chargés de 1 500 prisonniers acadiens quittent Halifax pour Boston où ils sont refusés et retournent à Halifax pour y être mis à gage comme domestiques et manoeuvres.
1763
282 familles anglaises occupent des terres défrichées par des Acadiens.
(30 janvier 1763) Signature du Traité de Paris ; l'île du Cap Breton et l'île Saint-Jean sont rattachées à la province de Nouvelle-Écosse-NS (qui comprenait alors le Nouveau-Brunswick). Ldes Anglais refusent encore de permettre aux Acadiens de rentrer en France.
1764
Les Acadiens exilés sont invités à revenir dans la province de Nouvelle-Écosse-NS à la condition de prêter serment d'allégeance et de se disperser en petits groupes isolés entourés de colons britanniques ; 3 000 Acadiens reviennent dans leur pays mais pas sur leurs terres ancestrales occupées par des colons britanniques ; ils ne peuvent s'installer que dans la région de Beaubassin du côté de Memramcook et au-delà, sur la rive gauche de la rivière Petitcodiac (Petcodiac). Certains (Belliveau, Comeau, Doucet, Dugas, Gaudet, Leblanc, Melanson, Robichaud, Saulnier, Thibault etc.) revenus du Massachusetts, s'établissent au bord de la baie Sainte-Marie au lieu-dit Pointe-de-l'Église.
(28 septembre 1764) Un ordre en conseil reconnaît un statut légal aux Acadiens de Nouvelle-Écosse-NS.
1766
Début de retour des exilés acadiens qui s'établissent à la baie Sainte-Marie (dans l'ouest de la province de Nouvelle-Écosse-NS), dans la région de Chéticamp et sur l'île Madame près de l'Île Royale (Cap-Breton), à Malpèque (Île-du-Prince-Edward) et dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, le long de la rivière Saint-Jean.
1766-1770
Environ 700 Acadiens exilés au Maryland et en Pennsylvania aboutissent en Louisiane.
1769
(1 mai) L'île Saint-Jean, qui dépendait jusque-là de la province de Nouvelle-Écosse-NS, obtient le statut de province indépendante sous le nom de Île-du-Prince-Edward ; Walter Patterson en est le premier gouverneur avec résidence à Charlottetown ; l'île est divisée en 67 lots dont les Acadiens peuvent devenir tenanciers mais pas propriétaires.
Vers 1770
Des groupes d'Acadiens se forment sur les bords de la baie Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse-NS) et sur la côte ouest de l'île du Cap-Breton. Des Acadiens venus de l'Île-du-Prince-Edward s'établissent sur la Grande Plaine de l'île Miscou (Arsenault, Boudreau, Chiasson, Doucet, Haché, Leblanc.
La population anglaise d'Acadie est de 16 000 habitants.
1771
Les Moravians commencent à évangéliser les Inuïts du Labrador.
1772
Arrivée sur l'Île-du-Prince-Edward des Macdonald, des catholiques venus de Glenaladale (Écosse).
(21 octobre 1772) Les autorités anglaises distribuent 2 740 arpents de terre de Cocagne à Joseph Arsenault, Jean Bourg, Paul Hébert, Joseph Guéguen, Joseph Poirier, Françis Arsenault, et Pierre Arsenault.
1773
Première réunion de la Législature de la province de Île-du-Prince-Edward.
1774 Des Acadiens tenetent vainement de revenir en Acadie, mai y sob=nt très mal accueillis par les colons anglais ; ils se dirigent alors vers Québec où le gouverneur les aidera às'établir sur la côte de la gGaspésie où ils fondent l'agglomération de Carleton.dawson college
1782
Les terres acadiennes de Kennebecasis sont concédées en bloc à Andrew Hamond ; les Violette, Michaud, Girouard, Thibodeau, Martin, Blanchard, Robichaud sont expulsés par des colons loyalistes venus des États-Unis.
1783
À la suite de pressions des catholiques irlandais, les catholiques obtiennent le droit de célébrer publiquement leur culte et celui d'être propriétaires.
(29 mai 1783) Le gouverneur Haldimand donne l'ordre d'ouvrir un chemin entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Témiscouata.
(3 septembre 1783) Signature du Traité de Versailles en vertu duquel l'Angleterre reconnaît les États-Unis et leur cède tout le territoire situé au sud des Grands Lacs ; ce traité fixe la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Maine en partant au sud à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix et en remontant celle-ci jusqu'à North Amity, puis de là, en ligne droite jusqu'à une lieue au-dessus du Grand-Sault (Grand Falls), puis en remontant la rivière Saint-Jean jusqu'à la frontière de la province de Québec ; le traité accorde le droit de pêche aux Américains dans les eaux intérieures des colonies britanniques et fait perdre à l'Angleterre la plupart de ses grandes possessions en Amérique mais lui fait gagner celles de la France.
1784
Des loyalistes fuient les États de New York, de New Jersey, de la Nouvelle Angleterre et d'autres États du Sud et s'établissent en Nouvelle-Écosse-NS (29 000) et à l'île Saint-Jean (500).
Les catholiques (écossais ou irlandais) de Terre-Neuve obtiennent le droit de pratiquer librement leur religion.
Le Gouvernement de Nouvelle-Écosse-NS accorde une concession de 14 150 acres à 34 chefs de famille de Caraquet (les Landry, Léger (ou Légère), Parisé, Blanchard, Lanteigne, Doiron, Thuibaudeau, Dugas, Chiasson, Cormier, Haché dit Gallant, Albert, Boudreau, Godin ; puis concède des terres à des Canadiens (venus de Rimouski et de la région de Québec attirés par la pêche (les Mailloux, Chénard, Paulin, Brideau, Gauvin) et quelques jersiais (Duval, De Gruchy, Dumaresq, De la Garde, Le Riche et Fiott).
(18 juin 1784) Le gouvernement de la Grande-Bretagne morcelle le territoire de la province de Nouvelle-Écosse-NS et crée la province autonome du Nouveau-Brunswick sur la rive nord de la baie des Français (renommée baie de Fundy) pour recevoir les loyalistes qui veulent quitter les États-Unis ; il nomme le colonel Thomas Carleton comme premier gouverneur du Nouveau-Brunswick.
L'île Royale devient une colonie indépendante de la Nouvelle-Écosse-NS sous le nom de Cape Breton.
Avant 1785, François Robert dit Le Breton et ses quatre fils, René, Julien, Charles et Jean-Baptiste, s'établissent à Tracadie
1785
Au cours de l'été 1785, Michel Bastarache et Joseph Saulnier arrivent de Memramcook avec leur famille après avoir franchi à pied et à travers bois et marécages le retour de la Caroline à l'Acadie ; les deux familles se fixèrent à Petite-Rivière de Tracadie non loin du site actuel de l'église. Puis, ce fut l'arrivée de nouveaux colons (Isaac Gautreau, Pierre Gautreau, venus de Shédiac, Brault et Vienneau venus de Mamramcook, Comeau et Thibaudeau venus de French Village (en arrière de Saint-Jean), Robichaud, Benoît, Savoie, et Arsenaut venus de Negouac, Mazerolle, Caissy et Saint-Coeur venus de la baie du Vin, Brideau, venu de Paspébiac, Prosper Desjardins dit l'Osier, venu de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. De petits bourgs se formèrent par des Anglais, Écossais ou Irlandais dont les Campbell, Ferguson, McGowan, McGraw, McLaughlin, McMahon, Niles, Robinson, Russell, Walsh,Young, etc.
À l'invitation de Charles III, roi d'Espagne et cousin du roi de France, la Louisiane espagnole reçoit près de 1 600 Acadiens exilés en Angleterre, puis en France.
Le gouverneur Carleton confisque les terres des Acadiens installés à Aukpaque (357 habitants) et à Oromocto (150 habitants) à quelques kilomètres en aval de Fredericton et les distribue à des loyalistes dont 1 500 viennent du Maine s'établir sur les terres entre Digby et les établissements acadiens de la baie Sainte-Marie.
(24 février 1785) Louis Mercure demande à Samuel Holland, l'arpenteur général du Bas-Canada, l'octroi de billets de location de terres situées en bas du saut de la rivière Madawaska pour lui-même et pour les Ayotte, Cyr, Daigle,, Dubé, Duperré, Fournier, Gaudin, Martin, Mercure, Lizotte, Sansfaçon, des Acadiens et Canadiens établis dans l'ancienne paroisse de Sainte-Anne-des-Pays-Bas. Jean Cyr et ses 9 fils ainsi qu'une dizaine d'habitants d'Aukpaque font de même.
(Avril 1785) Le gouverneur Carleton choisit l'ancien village français de Sainte-Anne comme capitale de sa province et il nomme l'endroit Fredericton en l'honneur du prince Frederick, le second fils du roi George III.
(18 mai 1785) Incorporation de la ville de Saint-Jean.
(21 juin 1785) Joseph Daigle demande des billets de location pour lui-même et pour 24 de ses concitoyens de Sainte-Anne-des-Pays-Bas.
1786
L'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick siège pour la première fois ; ce serait cette date que le droit anglais est reçu dans cette province.
1788
Le siège du gouvernement du Nouveau-Brunswick est officiellement installé à Fredericton.
1789
Les Catholiques de la province de Nouvelle-Écosse-NS obtiennent le droit de vote.
Ayant refusé de prêter serment à la République française, environ 250 Acadiens réfugiés aux Îles Saint-Pierre-et-Miquelon, font voile vers les Îles-de-la-Madeleine sous la direction du curé Jean-Baptiste Alain.
1790
Des prêtres chassés de France par leur refus de souscrire à la constitution civile du clergé, deviennent des missionnaires en Acadie.
La population anglaise d'Acadie est de 45 000 à 50 000 habitants ; l'augmentation par rapport à 1770 est attribuable à la venue de plus de 30 000 loyalistes américains qui ont fui les États-Unis.
(1er octobre 1790) Octroi des premiers titres de propriété à 52 colons acadiens établis sur la rive nord de la rivière Madawaska, entre la rivière Verte et la bourgade malécite (Saint-Basile) dans le Nouveau-Brunswick. Le Gouvernement de Nouvelle-Écosse-NS accorde une concession de 7 000 acres à 14 Acadiens de Chéticamp dans la colonie du Cap Breton.
1791
À cause de la confusion qui règne quant à l'applicabilité des lois adoptées par la législature de Nouvelle-Écosse-NS de 1758 à 1786, la législature du Nouveau-Brunswick adopte une loi qui déclare inopérante sur son territoire toutes les lois de la Nouvelle-Écosse-NS ; elle adopte une autre loi qui permet aux prêtres catholiques de célébrer des mariages entre catholiques seulement.
1792
Institution de la Cour suprême de Newfoundland.
1794
La lèpre amenée par un navire qui fait escale à Caraquet commence à faire des victimes.
1798
La frontière du Nouveau-Brunswick avec le Maine (États-Unis) est établie à la rivière Scoodic (anciennement Sainte-Croix).
Le père Jean-Mandé Sigogne arrive à la baie Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse-NS) et enseigne la lecture, l'écriture, la grammaire française, l'anglais et le catéchisme.
1799
La province de l'île Saint-Jean est renommée Île-du-Prince-Edward.
1800
La population acadienne de la province de Nouvelle-Écosse-NS est de 8 000 habitants installés principalement à Baie-Sainte-Marie, Chéticamp (Cap Breton), Île-Madame (Cape Breton), sur la Prince-Edward Island-PEI et au Nouveau-Brunswick. La population de Newfoundland est de 2 300 habitants.
Construction d'un théâtre à Charlottetown (province de l'Île-du-Prince-Edward).
Le gouverneur Fanning de l'Île-du-Prince-Edward déclare sage «de supprimer sans réserve la langue française en son gouvernement».
Construction de l'église de la mission de Tracadie.
1802
La Législature du Nouveau-Brunswick adopte sa première loi scolaire qui prévoit un octroi de 10 pounds pour l'entretien de chacune des 42 écoles de la province.
1803
Le recensement de Mgr Denaut indique qu'au Nouveau-Brunswick, il y a 3 729 Acadiens, en Nouvelle-Écosse-NS, 3 937 et dans la province de l'Île-du-Prince-Edward, 742, pour un total de 8 408.
1805
La législature du Nouveau-Brunswick adopte une loi qui prévoit l'établissement de deux écoles dans chacun des comtés suivants : Westmoreland, Charlotte, Northumberland, Queens, York, Sunbury et une école dans le comté de Saint John.
1809
Construction du Drury Lane Theatre à St. John, Nouveau-Brunswick. Le Labrador est détaché du Bas-Canada et rattaché à Newfoundland.
1810
Les catholiques obtiennent le droit de vote dans la province du Nouveau-Brunswick et dans la province de l'Île-du-Prince-Edward ; le serment du test y est également aboli sauf pour ceux qui se portent candidats aux législatures.
1812 Il y a 11 630 Acadiens dans ce qui avait été l'Acadie.
1815
La population de Newfoundland est de 40 000 habitants.
Érection canonique du vicariat apostolique de Halifax (péninsule de la province de Nouvelle-Écosse-NS) et nomination de Mgr Edmind Burke comme titulaire du vicariat.
1815-1838
Environ 40 000 Écossais immigrent en Nouvelle-Écosse-NS et s'établissent particulièrement sur la Cape Breton Island.
1816
La Législature du Nouveau-Brunswick adopte la Grammar Schools Act qui favorise l'établissement d'une école par comté et précise que la grammaire anglaise, le latin, le grec, l'orthographe, la géographie, les mathématiques et la religion suivant les rites de l'Église anglicane y seront enseignés.
(16 avril 1816) Érection canonique du vicariat apostolique de Halifax ; Mgr Edmund Burke en est le premier titulaire.
1817
Le Colonial office de Londres (Angleterre) décide que le gouverneur demeurera à Newfoundland à l'année longue plutôt que durant l'été seulement comme c'était le cas antérieurement.
1818
Les Américains sont exclus des pêcheries dans les eaux intérieures la province du Nouveau-Brunswick, de la province de Nouvelle-Écosse-NS, la province de l'Île-du-Prince-Edward et la Cape Breton Island. Le gouverneur Dalhousie fonde un collège qui porte son nom.
1819 Morcellement du diocese de Québec ; érection canonique du vicariat apostolique de Charlottetown (province de Île-du-Prince-Edward, Cape Breton et province du Nouveau-Brunswick) comme sufragant de Québec ; son premier titulaire est Mgr Bernard Angus MacEachern, un Écossais. Érection canonique du diocèse de Kingston (Haut-Canada) ; Mgr MacDonnell en est le premier titulaire. Érection canonique du diocèse de Montréal ; Mgr Lartigue en est le premier titulaire.
1820
La Cape Breton Island est réunie à la province de Nouvelle-Écosse-NS. Fondation de la Bank of New-Brunswick-NB à St. John.
1823
Fondation de la Newfoundland School Society.
1824 La population de la province du Nouveau-Brunswick est de 75 000 habitants, celle de la province de Nouvelle-Écosse-NS, 100 000. L'île de Newfoundland devient une colonie britannique.
1825
Fondation de la Halifax Banking Company (ancêtre de la Canadian Imperial Bank of Commerce), la première institution bancaire de la province de Nouvelle-Écosse-NS. Mgr William Fraser succède à Mgr Edmund Burke comme vicaire apostolique de Halifax.
(7 octobre 1825) Un incendie de forêt dévore une bande forêt large de 95 km entre la baie de Miramichi et la baie des Chaleurs.
1826 Décès à Tracadie de la première victime de la lèpre importée en 1794.
Fondation à Tracadie du premier couvent acadien dirigé par les Trappistines.
1827
La population de la province de Île-du-Prince-Edward est de 23 000 habitants.
Deux ans avant que la Chambre des communes de Londres (Angleterre) le fasse pour les catholiques anglais, la Législature de la province de Nouvelle-Écosse-NS abolit le serment du test requis des Acadiens pour être élus ou pour accéder à des fonctions publiques.
1828
Les Baptistes fondent la Horton Academy à Wolfville (Nouvelle-Écosse-NS). Le vicariat apostolique de Charlottetown devient un diocèse ; Mgr Angus MacEachern en est le premier titulaire.
1829
Le Vatican érige le diocèse de Charlottetown comme complètement indépendant de celui de Québec.
1830
Les Anglicans fondent le King's College à Fredericton, Nouveau-Brunswick. Une loi de la législature du Nouveau-Brunswick incorpore la loi du Parlement britannique du 13 avril 1829 prévoyant l'affranchissement de tous les sujets catholiques de Sa Majesté britannique et abolissant tout serment à caractère religieux pour l'exercice de fonctions publiques ; les catholiques peuvent dès lors être élus aux législatures.
1832
Fondation de la Bank of Nouvelle-Écosse-NS par un groupe de marchands de Halifax.
Le Parlement britannique adopte une constitution qui fait de Terre-Neuve une province autonome avec une Chambre d'assemblée formée d'élus et un Conseil législatif formé de personnes nommées par le gouverneur.
1834
Fondation de la Commercial Bank au Nouveau-Brunswick
1836
(Novembre 1836) Élection de Frédéric Robichaud de Meteghan comme député du comté d'Annapolis à la Législature de Nouvelle-Écosse-NS ; premier Acadien à occuper cette fonction.
1837
Mgr Bernard MacDonald remplace Mgr MacEachern à l'évêché de Charlottetown.
1838
La Horton Academy de Wolfville (Nouvelle-Écosse-NS), devient l'Acadia College.
1841
La loi des écoles de Nouvelle-Écosse-NS reconnaît officiellement l'enseignement du français, du gaélique et de l'allemand dans les écoles de la province.
1842
Environ 8 000 Irlandais arrivent au Nouveau-Brunswick. Signature du Traité d'Ashburton-Webster qui délimite la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Maine (Daniel Webster représentait les États-Unis et Alexander Baring, lord Ashburton, la Grande-Bretagne) ; cette frontière au dessus du Grand Sault est fixée aux rivières Saint-Jean et Saint-François pour séparer l'État du Maine de la province du Nouveau-Brunswick ; en conséquence, les établissements acadiens situés sur leur rive droite deviennent partie du Maine. Le Gouvernement britannique suspend la constitution de Newfoundland afin de régler le conflit entre les catholiques irlandais et les protestants anglais. Érection canonique du diocèse de Saint John, Nouveau-Brunswick, par détachement de celui de Charlottetown ; l'abbé William Dollard, un curé anglophone de Frederickton, en est le premier titulaire.
(15 février 1842) Érection canonique du diocèse de Halifax (Nouvelle-Écosse-NS) ; Mgr Edmund Burke en est le premier titulaire.
1844
Érection canonique du diocèse d'Arichat ; son territoire couvre Isle-Madame, Cape Breton Island et l'est de la province de Nouvelle-Écosse-NS.
(19 juillet 1844) Inauguration d'un lazaret pour les lèpreux sur l'île de Sheldrake, dans la baie de Miramichi.
1845
(16 octobre 1845) Un incendie détruit le lazaret de Sheldrake pour lèpreux.
1846
Environ 9 000 Irlandais arrivent au Nouveau-Brunswick
1847
Environ 17 000 Irlandais arrivent au Nouveau-Brunswick Henry Wadsworth Longfellow publie Evangeline, A Tale of Acadie.
La législature de la province de l'Île-du-Prince-Edward adopte une loi qui abolit le serment d'allégeance demandé aux catholiques.
Fondation de la Normal School of Nouveau-Brunswick exclusivement anglophone.
1848
La Horton Academy at Wolfville devient l'Acadia College. Rétablissement de la Constitution de Newfoundland.
(2 février 1848) Le Colonial Offiice de London décrète que le Conseil exécutif de la province de Nouvelle-Écosse-NS doit démissionner collectivement s'il a perdu la confiance de la Chambre d'assemblée ; il fait de même pour celui du Nouveau-Brunswick
1849
(25 juillet 1849) Les lépreux sont transférés dans le lazaret de Tracadie.
1850
Construction du Saint-Mary's College par les Catholiques de Halifax.
1851
La population du Nouveau-Brunswick est de 200 000 habitants, celle de la province de Nouvelle-Écosse-NS, 275 000. Le Colonial Office de Londres (Angleterre) décrète que le Conseil exécutif de la province de l'Île-du-Prince-Edward doit démissionner collectivement s'il a perdu la confiance de la Chambre d'assemblée. Il y a 17 écoles françaises dans le comté de Digby.
1852
(4 octobre 1852) Un incendie détruit le lazaret de Tracadie qui est rebâti au même endroit.
1853
Les Écossais catholiques construisent le Arichat Seminary qui déménage à Antigonish en 1855 et devenant la St. Francis Xavier University
1854
Signature d'un traité de libre échange entre les États-Unis et les colonies de l'Amérique du Nord britannique. L'abbé François-Xavier LaFrance, curé de Memramcook, acquiert une terre appelée la Butte-à-Pétard, fonde et commence la construction du Séminaire Saint-Thomas qui, le 15 octobre 1854 reçoit une trentaine d'élèves (François-Xavier Cormier, André Belliveau, Jean Gaudet, Vital Landry, Honoré Leblanc, Thomas Saulnier, Narcisse Doiron, Lucien Bourque, Étienne Léger, Patrick McGowan, Albert Chapman, Joseph Turner, Paul Moore, Hazen Cochrane, Albert Lamb, Frank McManus, Thomas Weldon) qui seront sous la direction de Charles Lafrance, le frère du curé. Mgr Connolly fonde la Congrégation des Soeurs de la charité à St. John, Nouveau-Brunswick.
1855
La population de la province de l'Île-du-Prince-Edward est de 72 000 habitants.
Terre-Neuve obtient le Gouvernement responsable comme celui de la province de l'Île-du-Prince-Edward.
1856
Ouverture d'un couvent acadien à Arichat (Nouvelle-Écosse-NS) par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame-c.n.d.* de Montréal.
1859
Le King's College anglican de Fredericton devient la University of Nouveau-Brunswick, une institution sans dénomination religieuse.
1860
La population des provinces maritimes du Canada compte 64 000 Acadiens. Érection canonique du diocèse de Chatham (Acadie) au nord de la rivière Richibouctou ; son premier titulaire est Mgr James Rogers. Mise en exploitation du chemin de fer St.John-Shédiac au Nouveau-Brunswick
1862
En raison de difficultés financiaires, le Séminaire Saint-Thomas de Memramcook ferme ses portes.
1864
La Congrégation de Sainte-Croix-CSC fonde le Collège Saint-Joseph à Memramcook au Nouveau-Brunswick, une institution destinée à instruire les Acadiens francophones. La Législature de la province de Nouvelle-Écosse-NS adopte une loi qui impose l'anglais comme seule langue d'instruction dans la province (pas un seul mot de français de la 1ère à la 9e année) et qui stipule que seules les écoles publiques neutres recevront des subsides du Gouvernement. Des Acadiens venus de la province du Prince Edward's Island-PEI et des colons venus de Memramcook, Cap-Pelé et Bouctouche, fondent Saint-Paul-de-Kent au Nouveau-Brunswick.
Lors d'une réunion des provinces maritimes à Charlottetown, le gouvernement du Canada-Uni leur propose un projet de Confédération.
1865
(Été 1865) Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick dirigé par Leonard Tilley demande aux électeurs de lui donner le mandat de négocier l'entrée de la province dans la Confédération canadienne ; dirigée par Timothy Anglin, propriétaire du journal Freeman de Saint-Jean et le député Albert J. Smith de Westmoreland, l'opposition à la Confédération l'emporta et le gouvernement Tilley perdit les élections au mains d'Albert J. Smith.
1866
(Printemps 1866) Le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Arthur Hamilton Gordon, obtient la démission du premier ministre, Albert J. Smith et convoque les électeurs aux urnes ; ceux-ci élisent le parti de Leonard Tilley favorable à la Confédération, mais les Acadiens concentrés dans les comtés de Westmorland, Kent et Gloucester votent massivement contre le projet.
1867
La législature de l'Île-du-Prince-Edward adopte une loi qui impose l'anglais comme seule langue d'instruction et qui stipule que seules les écoles publiques neutres recevront des subsides du Gouvernement.
(1 juillet 1867) Entrée en vigueur de la Constitution du Canada formé des provinces de Québec, Ontario, Nouvelle-Écosse-NS et Nouveau-Brunswick ; la Nouvelle-Écosse-NS n'a pas donné son consentement à joindre cette confédération.
(8 juillet 1867) Parution à Shédiac du premier numéro du journal Le Moniteur acadien propriété de Israël Landry ; ce journal est fédéraliste.
1868
(29 septembre 1868) Six religieuses hospitalières de Saint-Joseph r.h.s.j.* venues de l'Hôtel-Dieu de Montréal prennent la direction d'une léproserie à Tracadie.
1870
Les Acadiens catholiques du Madawaska américain (Saint-David, Grande-Isle, Van Buren, Fort Kent etc.) obtiennent que leurs paroisses soient détachées du diocèse de Chatham (Acadie) pour relever désormais de l'évêque de Portland, Maine, États-Unis.
1871
La population acadienne qui était de 8 408 en 1803 est maintenant de 87 740 dont 44 907 dans la province du Nouveau-Brunswick-NB, 32 833 dans la province de Nouvelle-Écosse-NS, et 9 250 dans la province de l'Île-du-Prince-Edward. Dans la province du Nouveau-Brunswick, les Acadiens représentent 71 % de la population du comté de Gloucester et 58 % de celle des comtés de Kent et Victoria. En Nouvelle-Écosse-NS, les Acadiens forment 8,5 % de la population de la province. (17 mai) La Législature du Nouveau-Brunswick adopte la Common School Act en vertu de laquelle la province s'engageait à dispenser gratuitement l'enseignement à tous les enfants, indépendamment de leur sexe, de leur religion, de leur langue et de leur couleur ; cette loi crée l'école unique et neutre pour tous les citoyens, exclut l'enseignement de la religion dans ces écoles et tout emblème se rapportant à une religion et stipule que seules ces écoles recevront des subsides du Gouvernement de Fredericton ; les évêques catholiques du Nouveau-Brunswick défendent à leurs ouailles de fréquenter ces écoles, ce à quoi les Acadiens obéissent.
1873
Les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph de Montréal ouvrent un hôpital à Saint-Basile, Nouveau-Brunswick
(15 octobre 1873) Inauguration du couvent de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur de Memramcook par le Père Camille Lefebvre ; cette institution est dirigée par les Soeurs de la charité.
(13 décembre 1873) Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick permet aux religieux et religieuses enseignant de porter l'habit de leur congrégation dans les écoles publiques et d'y enseigner la religion.
1874
Les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph ouvrent un couvent acadien à Saint-Basile, Nouveau-Brunswick
1875
Un détachement de l'armée canadienne se rend à Caraquet, Nouveau-Brunswick, pour y mettre de l'ordre lors de l'élection des syndics d'école ; ils cernent la maison de Philéas Mailloux où se réunissaient une vingtaine d'Acadiens ; Mailloux se réfugia dans son grenier avec un fusil ; lorsqu'un soldat monta jusqu'à lui et le mit en joue, deux coups de feu furent entendus ; les 2 hommes se sont tués ; 13 Acadiens qui étaient encore dans la maison sont arrêtés et accusés de meurtre ; Joseph Chiasson fut choisi comme accusé-type et fut reconnu coupable, mais la cause s'éteignit d'elle-même après que la Cour supérieure du Nouveau-Brunswick eut invalidé le jugement qui le condamnait et les autres accusés furent élargis.
(Automne 1875) Le surintendant des écoles publiques du Nouveau-Brunswick autorise les deux premiers livres de lecture pour les francophones ; ces livres bilingues, la page droite étant l'original en anglais et la page gauche, sa traduction française, sont titrés Le premier livre de lecture - The First Reading Book et Le second livre de lecture - The Second Reading Book.
1877
La Législature de la Prince Edward's Island-PEI adopte la Loi des écoles qui, légalement supprime l'enseignement du français dans les écoles publiques.
1880
La population des provinces maritimes du Canada compte plus de 100 000 Acadiens.
1881
(20-21 juillet 1881) Tenue de la première Convention nationale des Acadiens qui réunit plus de 5 000 personnes au Collège Saint-Joseph de Memramcook ; on y jette les bases de la Société nationale de L'Assomption, on choisit le 15 août, fête de L'Assomption comme fête nationale des Acadiens.
1884
Érection canonique de la paroisse Sainte-Thérèse de Petit-Rocher. Le Bureau d'instruction du Nouveau-Brunswick approuve la création d'un Département français pour les candidats francophones qui veulent obtenir un brevet d'enseignement de troisième classe, le brevet le plus bas de l'échelle.
(15 août 1884) Tenue de la deuxième Convention nationale des Acadiens à Miscouche, Île-du-Prince-Edward ; on choisit le drapeau des Acadiens, le tricolore français, bandes verticales bleue, blanche et rouge avec une étoile sur le haut de la bande bleue, et l'Ave Mari Stella comme hymne national.
1885
Fondation à Bathurst du journal Le Courrier des provinces maritimes.
Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick met sur pied le French Department qui vise à former les Acadiens de sorte qu'ils puissent être en mesure de suivre le cours régulier, en anglais.
1886
Le siège épiscopal du diocèse d'Arichat est transféré à Antigonish. Les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph ouvrent un couvent acadien à Tracadie, Nouveau-Brunswick
1887
Fondation à Digby du journal L'Évangéline par Valentin Landry.
1890
Ouverture du Collège Sainte-Anne à Church's Point (Nouvelle-Écosse-NS), par les Eudistes.
Les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph de Montréal ouvrent un hôpital à Campbellton, Nouveau-Brunswick (13 août) Tenue de la troisième Convention nationale des Acadiens à Church Point.
1891
(Septembre 1891) Ouverture du Collège Sainte-Anne à Church Point.
1893
Une loi de la Législature de Nouvelle-Écosse-NS accorde le statut d'université au Collège Sainte-Anne qui devient l'Université Sainte-Anne.
Fondation de l'Association des instituteurs et institutrices acadiens de la Prince Edward's Island-PEI.
1895
Fondation du Séminaire Sacré-Coeur-de-Marie par les Eudistes à Halifax (Nouvelle-Écosse-NS).
1898
Le Collège Saint-Joseph de Memramcook devient l'Université du collège Saint-Joseph.
1899
(9 janvier 1899) Ouverture du Collège du Sacré-Coeur à Caraquet par les Eudistes ; le fondateur du Collège est l'abbé Théophile Allard.
1900
Tenue de la quatrième Convention nationale des Acadiens à Arichat (Nouvelle-Écosse-NS).
1901
La population acadienne qui était de 8 408 en 1803 est maintenant de 139 006 dont 79 979 dans la province du New-Brunswick-NB, 45 161 en Nouvelle-Écosse-NS et 13 866 dans la province de l'Île-du-Prince-Edward.
Les Acadiens comptent pour au moins 50 % des catholiques des diocèses des Maritimes (Saint-Jean, 29 000 sur 58 000, Chatham (Acadie), 52 000 sur 65 000, et Halifax, 27 000 sur 54 000 excluant les Bermudes).
1902
Tenue de la convention des Acadiens des États-Unis. La Légistature de Nouvelle-Écosse-NS modifie sa Loi de 1864 sur les écoles de la province et permet l'usage de livres de lecture française et l'usage de la langue française durant les 5 premières années d'étude dans les écoles acadiennes ; à partir de la 6e année, l'enseignement est exclusivement en anglais.
1903
(7 septembre 1903) Fondation de la Société mutuelle l'Assomption, une compagnie d'assurance, par des Acadiens de New England dans le but de travailler par tous les moyens possibles et légitimes à l'avancement de la cause acadienne.
(18 septembre 1903) Ouverture de la succursale Acadie numéro 1 de la Société de L'Assomption à Waltham.
1904
L'Angleterre achète les droits des Français sur la côte ouest et nord-ouest de Newfoundland-Nfld et concède les îles de Saint-Pierre et Miquelon pour que la France s'en serve comme refuge pour ses pêcheurs.
1905
Tenue de la cinquième Convention nationale des Acadiens à Caraquet, Nouveau-Brunswick
1908
Tenue de la sixième Convention nationale des Acadiens à Saint-Basile, Nouveau-Brunswick
1912
L'abbé Édouard LeBlanc est nommé évêque de Saint-Jean ; le premier Acadien à diriger un diocèse au Canada. Ouverture de l'Académie Sainte-Famille à Tracadie par les religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.
1913
Mgr Édouard Leblanc ordonne au curé de Moncton de tenir une assemblée des Francophones de sa paroisse à la suite de laquelle ils décideront s'ils veulent une paroisse francophone à Moncton.
Le siège social de la Société L'Assomption est établi à Moncton.
1915
Fondation à Chéticamp de la première coopérative de vente des Maritimes et la première coopérative de vente de poissons de toutes les Amériques.
Création d'un régiment acadien, le 165e, commandé par Cyriaque Daigle.
1917
Élections générales provinciales au Nouveau-Brunswick ; les libéraux l'emportent par 27 sièges à 21 pour les conservateurs ; les Acadiens ont voté massivement pour le Parti libéral.
(17 décembre 1917) Élection générale au Canada ; au Nouveau-Brunswick, les Acadiens élisent 4 députés anticonscriptionniste alors que les Anglais élisent 7 députés conscriptionnistes.
1919
Les Acadiens de l'Île-du-Prince-Edward fondent la Société Saint-Thomas-d'Aquin pour les représenter.
1920
(9 septembre 1920) Mgr Patrice-Alexandre Chiasson est nommé évêque de Chatham (Acadie)* ; le premier Acadien à accéder à l'épiscopat.
1921
La population acadienne qui était de 8 408 en 1803 est maintenant de 189 701 dont 121 111 dans la province du Nouveau-Brunswick, 56 619 en Nouvelle-Écosse-NS et 11 971 dans la province de l'Île-du-Prince-Edward.
1923
Fondation à Campbellton de la communauté des Filles de Marie de l'Assomption par l'abbé Arthur Melanson.
(23 décembre 1923) Approbation par le Vatican du morcellement de la communauté des Soeurs de la charité, l'une anglophone et l'autre francophone ou acadienne qui devient la Congrégation de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur avec maison-mère à Memramcook.
1924
Fondation de la Congrégation des Filles de Marie de L'Assomption à Campbellton.
1928
L'université du Collège Saint-Joseph de Memramcook devient l'Université Saint-Joseph.
1930
Il y a 4 269 560 acres en culture et 4 723 550 acres cultivables au Nouveau-Brunswick
Il y a 4 623 550 acres en culture et 3 368 450 acres cultivables en Nouvelle-Écosse
Il y a 1 216 483 acres en culture et 41 707 acres cultivables sur l'Île-du-rince Edouard

1933
(17 novembre 1933) Fondation d'une commanderie de l'Ordre des commandeurs de Jacques-Cartier à Campbellton ; cette organisation vise à contrebalancer l'influence des Orangistes dans les institutions canadiennes.
1936 La Législature du Nouveau-Brunswick adopte la Loi des Caisses populaires.
(8 mars 1936) Érection canonique de l'archidiocèse de Moncton, Nouveau-Brunswick ; Mgr Arthur Melanson en est le premier titulaire.
(18 octobre 1936) Réunis à Campbellton, un groupe d'Acadiens jette les base de l'Association acadienne d'éducation du Nouveau-Brunswick.
(Décembre 1936) Ouverture de la première Caisse populaire en Acadie à Petit-Rocher.
1937
(15 août 1937) Tenue du congrès de la Société nationale L'Assomption à Memramcook ; l'Association acadienne d'éducation est fondée et mise sous la présidence du docteur Albert-M. Sormany.
1938
Le siège épiscopal du diocèse de Chatham (Acadie)* est transféré à Bathurst.
1940
L'habitation construite à Port-Royal en 1605 par Champlain est reconstruite selon les dessins originaux laissés par Champlain.
1941 La population acadienne qui était de 8 408 en 1803 est maintenant de 244 993 dont 163 934 dans la province du Nouveau-Brunswick, 66 260 en Nouvelle-Écosse-NS, et 14 799 dans l'Île-du-Prince-Edward.
1942 (Avril) Référendum sur la conscription : 70 % des Acadiens et 72 % des Québécois votent contre.
(23 juillet 1942) Le Parlement du Canada adopte la Loi sur la conscription par un vote de 186 à 45 voix ; les députés acadiens votent en faveur de la Loi.
1943
Ouverture d'un collège féminin à Memramcook par les Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur-n.d.s.c.
1944
Fondation à Edmundston du Collège Saint-Louis par les Eudistes. Ouverture du poste de radio privé CJEM à Edmundston. (25 décembre 1944) Érection canonique du diocèse de Edmundston (Nouveau-Brunswick).
1946 L'évêque de Halifax, Mgr MacNally lance une campagne de financement pour la St. Mary's University, une institution catholique anglophone de Halifax ; la souscription n'ayant pas rapporté suffisamment, l'évêque fait un emprunt de 4 M $ et hypothèque toutes les églises, anglophones et francophones, de son diocèse. Fondation de l'Association des instituteurs acadiens.
1949
Le collège féminin à Memramcook, dirigé par les Religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur-n.d.s.c., est tranféré à Moncton. Les Soeurs hospitalières de Saint-Joseph ouvrent un couvent à Saint-Basile, Nouveau-Brunswick.
1951
Le clergé acadien qui devait déjà soutenir le Collège Sainte-Anne de la Pointe-de-l'Église, demande à l'évêque de Halifax de ne pas hypothéquer les églises francophones de son diocèse, particulièrement celles de la baie Sainte-Marie.
1953
(6 juillet 1953) Érection canonique du diocèse de Yarmouth (Nouvelle-Écosse-NS), par détachement de celui de Halifax ; le territoire du diocèse comprend les comtés de Yarmouth, Digby, Annapolis, King's et Shelburne comprenant Grand-Pré et Annapolis Royal ; Mgr Albert Leménager en est le premier titulaire.
1954 La Société CBC/Radio-Canada-SRC ouvre un poste de radio francophone à Moncton.
1957
(22 juin 1957) La Société nationale l'Assomption-SNL'A adopte le nom de Société nationale des Acadiens-SNA pour la distinguer de la compagnie d'Assurance L'Assomption ; l'événement se tenait à l'Université Saint-Joseph de Memramcook.
1958
Fermeture de la dernière mine de charbon de l'île du Cap-Breton.
(1 novembre 1958) Première réunion du Conseil de la Société nationale des Acadiens à Moncton, Nouveau-Brunswick.
1959
La Société CBC/Radio-Canada ouvre un poste de télévision francophone à Moncton.
1960-1970
Louis Robichaud est premier ministre du Nouveau-Brunswick ; il est le premier Acadien à accéder à cette fonction.
1961
La population acadienne qui était de 8 408 en 1803 est maintenant de 337 428 dont 232 127 dans la province du Nouveau-Brunswick, 87 883 en Nouvelle-Écosse-NS et 17 418 dans la province du Prince Edward's Island-PEI.
1963
Fondation de l'Université de Moncton, une université de langue française avec campus à Moncton, Bathurst, Shippagan et Edmundston.
1967
La législature de la province de Nouvelle-Écosse-NS accorde la permission aux députés de s'adresser en français lors de ses sessions ou devant ses comités, mais il n'y a pas de traduction en anglais.
Les Acadiens de Nouvelle-Écosse-NS fondent la Fédération acadienne de Nouvelle-Écosse-NS pour les représenter.
1968
Inauguration de l'École normale de Moncton pour la formation des enseignants francophones.
1969
Création du parc national Kouchibouguac (238 km2) sur la côte est du Nouveau-Brunswick par le Gouvernement du Canada. ; 250 familles composées de 1 200 personnes sont déplacées parce que l'on croyait que les visiteurs ne seraient pas en mesure d'apprécier la nature s'il y avait des humains qui l'habitaient ; les Acadiens qui constituaient la majorité des déplacés appelèrent cette expulsion «La seconde déportation.»
L'Association des instituteurs acadiens devient l'Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick.
(1er juillet 1969) Adoption de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

1971
La population acadienne qui était de 87 000 en 1871 est maintenant de 330 565 dont 235 025 dans la province du Nouveau-Brunswick, 80 215 en Nouvelle-Écosse-NS et 15 325 dans la province du Prince Edward's Island.
1972
Le Collège Saint-Joseph de Memramcook est intégré à la Faculté des Arts de l'Université de Moncton. Fondation du Parti des Acadiens au Nouveau-Brunswick.
1973
Les Acadiens du Nouveau-Brunswick fondent la Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick-SANB pour les représenter.
1975
Fondation de la Fédération des francophones hors Québec.
1977
Ouverture du poste de radio privée CJVA et francophone à Caraquet. Le Parlement du Nouveau-Brunswick déclare que la province est officiellement bilingue.
1993
La province du Nouveau-Brunswick réussit à faire amender la constitution du Canada pour que celle-ci reconnaisse spécifiquement qu'elle est une province officiellement bilingue.
2003
(10 décembre) 2003 La Gouverneure générale, Adrienne Clarkson, signe, au nom de la reine Elizabeth II, une proclamation royale par laquelle, le Gouvernement du Canada et la reine d'Angleterre reconnaissent la déportation, en 1755, de près de 11 000 Acadiens de la province de Nouvelle-Écosse-NS et d'autres colonies des territoires de l'Atlantique canadien.
2007
Le gouvernement de la province de l'Île-du-Prince-Edward émet des plaques d'identification d'automobiles en français. Ceux qui la veulent doivent payer 5 $ de plus que celle qui est en anglais ; le dessein est le même, mais les inscriptions écrites sont en français : l'expression «Île-du-Prince-Edward*» est remplacée par «Île-du-Prince-Édouard» et l'expression «Canada's Green Province» est remplacée par «La province verte du Canada».
2008
Environ 6 000 personnes ont le français comme langue maternelle sur l'Île-du-Prince-Edward, mais le quart de la population compte des acadiens parmi ses ancêtres. La population du Nouveau-Brunswick est de 730 000 habitants dont environ 1/3 d'Acadiens.


  • Attraits touristiques -


La forteresse Louisbourg reconstituée selon le plan original.
Le parc de la première nation Membertou (Micmaque)
Le Gaelic College où l'on conserve et perpétue la culture celtique ; localisé sur la baie Saint Ann.
Le Miners Museum à Glace Bay
La Cabot Trail
Le monastère boudhiste Shambala sur la Pleasant Bay

Gouverneurs de l'Acadie :

Perrot, François-Marie
Friches de Menneval, Louis-Alexandre des



Parlure des Français d'Amérique (Acadie et Québec)

Extrait de Chez nos frères les Acadiens (abbé Émile Dubois, Bibliothèque de L'Action française, Montréal, 1920).

Pour distinguer les prénoms et noms identiques, les Acadiens ajoutent l'initiale du prénom de leur père après leur prénom ; Louis A. Melanson est pour Louis, «le fils d'A.» Melanson.

«Ces bonnes gens comme ceux d'ailleurs du Nouveau-Brunswick, semblent demander grâce de leurs nombreux anglicismes. Et pourtant les Français de la province de Québec avant de leur jeter la pierre devraient les premiers chasser de leur parler les mots intrus, eux qui n'ont pas ou bien peu de raisons qui les excusent. Quant aux mots acadiens empruntés à la vie maritime ou au vieux français, ils sont ni plus ni moins délicieux. Et qui en rit, souvent n'en connaît pas l'origine et la beauté. Ils vont au large, ils voient des îlets même sur leurs terres ; ils arriment prestement une atelle brisée, ils amarrent un cheval, ils accostent, ils embarquent et ils débarquent toujours de voiture. Vraiment quel mal y-a-t-il à cela ? Ils étendent le sens de mots bien français, ce qui est un usage courant même au beau pays de France où la jeunesse s'épanouit, la vieillesse reste verte, les repas, les affaires et les romans sont corsés, où l'esprit s'éteint, et où l'on verse des larmes avec les prières.

Ils ont apporté d'une province de France, la Normandie, leur j'avions, j'étions, j'allions ; ils ont gardé du vieux français des règles bien précises, celle-ci par exemple : la voyelle o devant un n ou un m est affectée dans sa prononciation, elle prend le son de ou ; jusqu'au XVIIe siècle on entendait en France : J'ai mangé des bounes poummes, coument allez-vous, je vous counais, houme, persoune. Quand ils disent youn pour un, dempuis pour depuis ils ne savent peut-être pas qu'ils prononcent les mots à la vieille façon des auteurs des chansons de gestes. Et leurs beaux mots du plus pur français : ire pour colère, pichet pour pot-à-l'eau, tourteau pour biscuits, pain doux pour gateaux, nenni pour non, dévaler pour descendre, bailler pour donner, esherber pour sarcler, d'un usage courant parmi eux, nous laissent émerveillés de la richesse de leur vocabulaire. N 'ont-ils pas gardé avec un soin jaloux d'autres mots, disparus aujourd'hui de la langue française, qui leur rappellent leurs aïeux, ces hardis explorateurs. Ils mangent encore des fayols (qu'on prononçait fayo), c'est ainsi que les marins du XVIIe siècle appelaient les haricots secs distribués à bord ; ils vous disent d'attendre un petit élan se croyant toujours sur un navire qui à chaque instant fait des écarts à droite et à gauche ; ils font des nouks (nods, noeux) dans une corde, comme en pays wallon ; ils métivent leur blé (metere, moissonner), ils huchent leurs enfants (huccus, cri d'appel), les amonètent lorsqu'ils pleurent (admonere, avertir), tout comme en France au temps de Rabelais et Cartier. Le découvreur du Canada n'écrit-il pas que les sauvages de Stadaconé passèrent la nuit devant son navire «huchant et hurlant comme des loups.» Pour arrêter leurs jeunes oies, qu'ils appellent comme en Saintonge des pirons, il faut plus que des clôtures, il faut des haies vives, comme en France qu'on appelle bouchures. Leurs chevaux font des verdasses, il faut éviter de les fourgailler, ils pourraient s'escloper, tout comme en Picardie. On berdasse encore en France et en Acadie, et on se graphigne : c'est Rabelais qui écrivait de son héros Gargantua mangeant à la même écuelle que ses petits chiens : «Il leur mordait les oreilles et ilz luy graphignoient le nez».

Mon but n'est pas de faire une étude du parler acadien, je voulais simplement noter au passage, comme elles méritent respect ces vieilles locutions empruntées aux idiomes des provinces de France, nombreuses chez les Acadiens, plus nombreuses peut-être encore chez les Canadiens. Acadiens et Canadiens des campagnes parlent un français plus pur que celui des paysans de plusieurs régions de la mère patrie. On rit quelquefois de leurs mauvaises liaisons et de leur prononciation fautive ; c'est qu'ils ne sont guère au courant des dernières publications de l'Académie française, et qui plus est, pendant près d'un siècle tout envoi de livres français sur nos rives fut sévèrement interdit. Nos pères, comme les leurs, durent se contenter des vieilles grammaires du XVIIe siècle. Et leurs descendants parlent encore selon les règles de ces vieux livres. La grammaire classique en France vers 1730 est celle de M. Restant, avocat au Parlement. J'y trouve cette page on ne peut plus intéressante : «On prononce en conversation craire, je crais pour croire, je crois ; frêt pour froid, étrêt pour étroit, drêt pour droit, etc.

On ne prononce pas l'l dans il ou ils, si le verbe suivant commence par une consonne. Il mange , ils mangent se prononcent i mange, i mangent. Mais si le verbe suivant commence par une voyelle, l'l ne se prononce qu'au singulier, il aime, et au pluriel ils aiment, il faut prononcer i zaiment.

On ne fait pas entendre l'r dans votre, notre, quand ils sont pronom possessifs absolus, c'est-à-dire quand ils précèdent leur substantif, et on prononce notre maison, notre chambre comme s'il y avait note maison, not chambre.

Cet se prononce st, et cette comme ste. Ainsi quoiqu'on écrive cet oiseau, cet honneur, cette femme, il faut prononcer stoiseau, sthonneur, stefemme.

Quelque, quelqu'un, se prononcent aussi comme s'il y avait quèque, ou chèque, quèqu'un ou chèqu'un.

Il y a, lecteurs, dans cette page l'explication de bien des mystères des parlers canadiens et acadiens. Et quand vous entendez nos paysans dire : gros-t-abe, un grant-z-homme, des chevals, vous vous rappellerez qu'au Berry, en France, gros à l'origine s'écrivait grôt et que abe est du vieux français ; que grand à l'origine s'écrivait grans ou granz et que cheval a pris des siècles à devenir chevaux.

Itou, oust qu'il est, icist, sio plait, estatues, esquelette, etc se rencontrent dans les vieilles chroniques populaires de France et dans la Chanson de Roland. Faut-il remonter jusque là pour expliquer le secret des bouches molles acadiennes et canadiennes ?»


  • Crédits :



Histoire de la survivance acadienne - 1755-1935 (Antoine Bernard, CSV, Les Clercs de Saint-Viateur, Montréal, 1935).
Pélagie-la-Charrette (roman, Antonine Maillet, 1979)
Les Acadiens des Maritimes (Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, 1980)
Le Grand arrangement des Acadiens au Québec (Notes de petite-histoire - généalogies de 1625 à 1925, Éditions Élysé, 1981)
Évangéline et Autres poèmes de Longfellow (traduction, J.-Alfred Guay éditeurs, 1912)
Lectures de l'Acadie - Une anthologie de textes en sciences humaines et sociales - 1960-1994 (Mourad Ali-Khodja et Annette Boudreau, Fides, 2010)
Les rues de Montréal - Répertoire historique. (Ville de Montréal, Méridien, 1995)
Évangéline, contes d'Amérique (essai, Joseph-Yvon Thériault, Québec-Amérique, 2013)
Acadie 72. Naisance de la modernité acadienne (David Lonergan Éditions Prise de la parole, Sudbury, 2013
L'Acadie entre le souvenir et l'oubli. Un historien sur les chemins de la mémoire collective (Ronald Rudin (traduction par Daniel Poliquin, Boréal, 2014)

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